Comores : les militaires qui ont déserté à la Réunion auraient engagé un avocat

Le Directeur de cabinet chargé de la défense du gouvernement de l’Union des Comore n’a pas fait de commentaires sur cette désertion qui n’est pas une première pour des militaires de nationalité comorienne.

Du 20 au 30 mars, l’île de la Réunion accueillait les pays de la commission de l’océan Indien dans le cadre de l’exercice militaire Papangue 26. Cette rencontre réunit les militaires de la région, mais également ceux des États d’Afrique de l’Est, invités en tant qu’observateurs. Les Comores avaient envoyé son contingent composé d’une vingtaine d’éléments de l’armée. Malheureusement, au moins 6 ne sont pas rentrés ce week-end. Selon de nombreux titres de la Réunion, les militaires comoriens auraient pris la poudre d’escampette avant même la fin de l’exercice. On a appris que certains auraient déjà engagé un avocat pour les défendre. Nous avons tenté d’avoir une confirmation auprès de l’avocat en question, mais il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Ce qui est certain, il ne fait aucun doute que la situation politique des Comores sera mise en avant pour essayer de faire capoter tout projet d’expulsion visant ces militaires. Des comoriens se déclarant membres « d’un gouvernement d’exil » auraient eux aussi contacté la préfecture de l’île de la Réunion afin d’obtenir une demande d’asile pour les déserteurs.

D’après nos confrères de Zinfos 974, il y a eu d’abord la fuite d’un groupe de cinq militaires, qui auraient bénéficié de l’aide présumée de la communauté comorienne. Puis deux autres, ont quitté leurs frères d’arme en catimini. Au total, près de 1200 hommes prenaient part à cette manœuvre coorganisée par Madagascar et la France. A Moroni, les autorités n’avaient pas commenté cette information qui fait le tour des réseaux depuis jeudi soir. Nous avons adressé depuis lundi à des proches du Directeur de cabinet en charge de la défense, Youssoufa Mohamed Ali, fidèle d’Azali Assoumani, mais on ne nous a jamais répondu, malgré l’accord de principe obtenu.

Visas annulés, enquête ouverte

Seulement dans un communiqué publié ce mardi matin, l’ambassade de France aux Comores a réagi pour la première fois depuis la révélation de cette affaire. La chancellerie qui a utilisé un ton amical, sans condamnation de l’acte, a donné plus de détails sur le chiffre exact, qui jusqu’ici variait d’un média à un autre. « À l’occasion de l’exercice Papangue 26, dix-neuf militaires comoriens, sélectionnés par les autorités nationales sur la base de leurs compétences, de leur expérience et de leur grade, ont pris part à cet entraînement. Des visas de courtoisie leur ont été délivrés par les autorités françaises. Sept de ces militaires ont quitté le cadre de l’exercice sans autorisation« , a indiqué, l’ambassade de France ajoutant que leurs visas ont, en conséquence, été annulés et ils se trouvent désormais en situation irrégulière sur le territoire français. Selon des sources de la Réunion, sur les sept militaires, deux d’entre eux auraient été interpellés par la police aux frontières et la gendarmerie réunionnaise. Un des militaires aurait été expulsé. Une enquête serait en cours pour « aide au séjour irrégulier« . Ce délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Cette sanction s’applique à toute personne qui a facilité ou tenté de faciliter, par aide directe ou indirecte, l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France.

Une fuite en 2018

Dans son communiqué, l’ambassade de France auprès de l’Union des Comores, assure que les autorités comoriennes « sont régulièrement informées de l’évolution de la situation« .  Papangue 26, est un exercice militaire réunissant les États membres de la Commission de l’océan indien à savoir Madagascar, les Comores, les Seychelles, l’île Maurice et la France. L’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Malawi et la Tanzanie, ont aussi participé en qualité d’observateurs.   » L’édition 2026 de cet exercice s’est déroulée à La Réunion, sous l’organisation de la France, et a permis de rassembler des délégations militaires des pays partenaires afin de renforcer la coopération, l’interopérabilité et le partage d’expériences« , s’est félicitée l’ambassade de France à Moroni. Pendant ces manœuvres, les forces armées dans la zone sud de l’océan indien (Fazoi) ont essayé de renforcer leur cadre de coopération en guise de prévention au cas où une crise majeure frapperait la zone, telles les catastrophes naturelles, ou d’autres formes de troubles sécuritaires.  Au total, 7 bateaux, 9 aéronefs, un porte-hélicoptère amphibie étaient mobilisés. Pour rappel ce n’est pas la première fois que des militaires profitent d’une opération similaire pour rester clandestinement sur l’île de la Réunion.  En 2018, quatre militaires comoriens avaient pris la fuite, profitant d’une soirée qui leur avait été accordée la nuit du dernier jour de l’exercice. Des actes qui sont souvent salués par les frères d’armes restés au pays. D’ailleurs la désertion des 7 militaires comoriens la semaine dernière est vivement commentée dans les casernes.  » On soutient les déserteurs. Moi je ne serai pas revenu pour travailler dans ces conditions. Ceux qui ont retourné ne sont pas vus d’un bon œil« , a confié un jeune militaire, lundi à Flash Infos. Ce dernier a précisé que dans le contingent envoyé représenter les Comores à l’exercice Papangue 26, toutes les catégories étaient présentes, notamment deuxième classe ou encore des caporaux. La fuite des militaires comoriens intervient quatre ans presque après la rocambolesque désertion de 54 athlètes qui prenaient part à la ligue des champions de handball de l’océan indien, sur l’île de la Réunion. Seuls un coach et deux handballeurs sont rentrés à Moroni.  Le ministre des sports de l’époque a dû présenter des excuses à l’ambassade de France.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
, 1er journal des ?? / @Reuters @el_Pais @mayottehebdo ??

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une