Les agressions contre les surveillants pénitentiaires se multiplient au centre pénitentiaire de Majicavo. Jeudi 12 mars, une nouvelle attaque visant des agents a eu lieu au sein de l’établissement, ravivant les inquiétudes des syndicats qui dénoncent une situation devenue dangereuse pour les personnels.
Selon la CFDT pénitentiaire, les faits se sont produits vers 15h35. Une violente altercation éclate entre deux détenus. Les surveillants interviennent rapidement pour mettre fin à la bagarre et rétablir le calme. Mais lors de cette intervention, l’un des détenus s’en prend directement aux agents. Il leur porte plusieurs coups de poing. L’un des surveillants est touché à la nuque. Selon Haoussi Boinahedja, secrétaire départemental de la CGT, « Les détenus ont fait une simulation de bagarre pour faire venir les gardiens et les agresser ».
La CFDT condamne « avec la plus grande fermeté cette nouvelle agression contre des personnels qui ne font que leur travail : assurer la sécurité des personnes et le maintien de l’ordre au sein de l’établissement ». Le syndicat apporte également « son soutien à l’agent blessé et à l’ensemble des agents présents lors de l’intervention. » La CFDT demande que « toutes les suites disciplinaires et judiciaires nécessaires soient engagées à l’encontre de l’auteur de cette agression et que des mesures concrètes soient prises pour garantir la sécurité des agents. »
Cet incident s’inscrit dans une série de violences. Le 28 novembre 2024, une prise d’otage avait déjà eu lieu au sein du centre pénitentiaire. En septembre 2025, cinq surveillants avaient été agressés par deux détenus. Plus récemment, en février 2026, un agent pénitentiaire avait été attaqué par quatre détenus, au lendemain de la visite du garde des Sceaux Gérald Darmanin dans l’établissement.
Les violences au centre pénitentiaire se sont également invitées devant la justice ces derniers jours. Une altercation survenue en mars 2025 entre un surveillant et un détenu a été jugée ce 10 mars 2026. Les deux hommes ont été condamnés pour des violences réciproques. « Depuis ce procès, les détenus ont eu le sentiment d’avoir gain de cause. Maintenant ce sont les gardiens qui ont peur. Normalement, ça devrait être l’inverse », estime Haoussi, représentant de la CGT.
« La sentence qui a été infligée au gardien n’est pas proportionnée. Je pense que c’est à la CGT qu’on a voulu faire comprendre qu’elle doit se taire. Mais la CGT ne va pas se taire. Nous sommes là pour défendre les salariés et aujourd’hui les conditions de travail sont très dangereuses », affirme-t-il. Tandis qu’une réunion était organisée avec les organisations FO, CFDT et UFAP, la CGT n’y avait pas été conviée pour des questions de représentativité. Ses représentants avaient alors attendu le ministre devant l’établissement avec des draps portant des slogans, dont : « La souffrance des agents n’est pas une variable. »
Le syndicaliste dénonce une situation dans laquelle « les gardiens sont livrés à eux-mêmes ». Selon lui, deux facteurs principaux expliquent la multiplication des incidents. D’abord la surpopulation carcérale. Construit pour accueillir environ 270 détenus, le centre pénitentiaire de Majicavo en compterait aujourd’hui près de 500. Ensuite, le profil de certains détenus incarcérés dans l’établissement. « Un certain nombre de détenus ne devraient pas être là, le centre n’est pas construit pour accueillir ce genre de détenus », affirme-t-il.
Face à ces violences répétées, les syndicats demandent une réaction rapide de l’État pour améliorer la sécurité des personnels et les conditions de détention dans l’établissement. « On a alerté depuis des années sur ces conditions dangereuses », insiste Haoussi. « Le jour où il y aura un drame, ce sera la responsabilité de l’État. »
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































