Un Foundi mortellement agressé à Labattoir

Un Foundi mortellement agressé à Labattoir Profondémment choqués par ce meurtre odieux, plusieurs habitants de Labattoir s'étaient rendus à l'hôpital de Dzaoudzi où le corps du dignitaire religieux a été admis.

De la consternation et beaucoup de questions. Tels sont les sentiments qui prédominent après l'agression mortelle et encore inexpliquée de Mohamed Saïd Ali, surnommé Oustadh Tchaga, samedi soir à Labattoir, en Petite-Terre. Une enquête en flagrance a été ouverte pour retrouver le ou les auteurs du crime.

Les circonstances du drame sont encore très floues. Samedi soir, à Labattoir, "un homme religieux a été agressé alors qu'il rentrait chez lui", et a succombé à ses blessures, se bornait à indiquer, lundi, la gendarmerie de Mayotte, précisant qu'une enquête en flagrance avait été ouverte pour retrouver le, ou les auteurs de cet homicide. Pas plus de réponses du côté de la justice, le Parquet se refusant à communiquer à ce stade "prématuré" des investigations. La victime, Mohamed Saïd Ali, surnommée Oustadh Tchaga, aurait été frappée de "plusieurs coups de couteau", alors qu'il rentrait à son domicile, "un peu avant 20 heures", selon les informations de Mayotte La 1ère. Cet homme d'une soixantaine d'années, décrit comme "très pieu" et solitaire, était foundi à la mosquée de vendredi à Labattoir, en plus de ses fonctions d'agent de la mairie qu'il assurait depuis de nombreuses années. Il rentrait justement de la mosquée au moment de l'agression, selon certains témoins interrogés par la chaîne de télévision. Au lendemain du drame, plusieurs élus se sont manifestés pour dénoncer le crime et témoigner leur soutien à la famille du disparu. L'ancien président du Conseil départemental, Daniel Zaïdani, a ainsi adressé un communiqué dans lequel il se disait, entre autres, "révolté et choqué par la barbarie et la lâcheté de cet acte horrible". Et d'ajouter que : "Aujourd'hui, c'est tout Mayotte qui est endeuillé. Pas seulement Labattoir. Pas seulement les musulmans".

"Il n'avait que sa spiritualité à défendre"

Le maire de la commune, Said Omar Oili, indiquait pour sa part que "la municipalité de Dzaoudzi- Labattoir condamne avec force cet acte lâche et gratuit. Tout sera mis en oeuvre pour identifier le ou les auteurs de cet assassinat et seront traduits devant la justice". "Nous exprimons toute notre solidarité et présentons nos condoléances à sa famille", a-t-il ajouté. Joint au téléphone, l'édile décrit un homme "très religieux", qui "n'élevait jamais la voix", "avait beaucoup d'adeptes" et "essayait de convaincre de sa vision de la religion sans créer d'animosités". Chez le maire, c'est l'incompréhension qui domine. Il évoque encore un homme "très simple", au train de vie modeste et qui "n'avait que sa spiritualité à défendre". Un portrait que vient confirmer Saïd Hamidi, imam à la mosquée de vendredi à Labattoir, où Oustadh Tchaga enseignait la religion, qu'il avait lui-même étudiée en Arabie saoudite et en Égypte, aux jeunes de la madrassa. "C'est une grande perte pour le village et pour la mosquée", confie-t-il, à propos de la disparition de cet homme qui "n'avait jamais eu une dispute". Une marche blanche devait se tenir dimanche en sa mémoire, mais elle a été annulée à la demande de sa famille, qui a expliqué que le défunt n'aurait pas souhaité une telle démarche, selon l'imam de la mosquée de Labattoir, confirmant une information de la mairie. 

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