Dans plusieurs territoires (Comores, Madagascar, Maurice, Mayotte, La Réunion et Seychelles ) une étude comparative de Cap Business Océan Indien analyse les liens entre biodiversité, tourisme et agriculture. Elle souligne les risques économiques liés à leur déclin et appelle à mieux intégrer ces enjeux.
Cap Business Océan Indien, une organisation mauricienne a publié, le 25 mars 2026, une étude inédite consacrée aux liens étroits entre biodiversité et activités économiques. Ce rapport analyse les impacts et dépendances des secteurs de l’agriculture et du tourisme dans six territoires du sud-ouest de l’océan Indien : les Comores, Madagascar, Maurice, Mayotte, La Réunion et les Seychelles.
Réalisée entre janvier et juin 2025, cette étude s’inscrit dans le cadre du projet « Business for Biodiversity » (B4B), intégré au programme Varuna, mis en œuvre par Expertise France et financé par Agence française de développement. Elle propose un cadre d’analyse destiné à accompagner les entreprises et les institutions dans leurs prises de décision face aux enjeux environnementaux.
Selon Fanny Haff, l’objectif est d’aider les acteurs économiques à mieux comprendre leurs interactions avec le vivant, afin d’anticiper les risques, renforcer leur résilience et orienter leurs investissements vers des modèles plus durables. Le rapport met en lumière des dépendances critiques aux services écosystémiques, tels que l’accès à l’eau, la fertilité des sols ou encore l’attractivité des paysages.
Deux secteurs clés ont été particulièrement étudiés. L’agriculture, d’une part, exerce une pression croissante sur les milieux naturels à travers la déforestation, l’intensification des cultures ou l’usage d’intrants chimiques. À Madagascar, par exemple, 44 % du couvert forestier a déjà disparu. Le tourisme, d’autre part, dépend fortement de la qualité des écosystèmes tout en contribuant à leur dégradation, notamment via l’artificialisation des littoraux, la gestion insuffisante des déchets ou la forte consommation d’eau.
Le rapport repose sur une méthodologie rigoureuse combinant analyse documentaire, données territoriales, entretiens et application du cadre DPSIR, permettant de relier dynamiques économiques et perturbations écologiques. Douze entreprises régionales ont également été mobilisées pour ancrer l’étude dans des réalités concrètes.
Dans un contexte où le sud-ouest de l’océan Indien constitue un hotspot mondial de biodiversité, caractérisé par une forte proportion d’espèces endémiques menacées, l’étude souligne que l’érosion du capital naturel représente un risque économique majeur. À Madagascar, les ressources naturelles constituent ainsi plus de 80 % de la richesse tangible par habitant.
Accessible au grand public, cette publication vise à favoriser le partage de connaissances et à mobiliser les acteurs économiques autour d’un objectif commun : concilier développement et préservation de la biodiversité. Elle s’inscrit dans la feuille de route 2021-2026 de Cap Business Océan Indien, qui fait de la biodiversité un axe central de son action, dans la continuité des engagements internationaux pris lors de la COP15.
Mayotte Hebdo vise à contribuer au développement harmonieux de Mayotte en informant la population et en créant du lien social. Mayotte Hebdo valorise les acteurs locaux et les initiatives positives dans les domaines culturel, sportif, social et économique et donne la parole à toutes les sensibilités, permettant à chacun de s'exprimer et d'enrichir la compréhension collective. Cette philosophie constitue la raison d'être de Mayotte Hebdo.




































