Le Jardin Maore inaugure le tout premier May’Refuge LPO de Mayotte

Le vendredi 20 février, le Jardin Maore Écolodge a marqué une étape importante pour la protection de la biodiversité à Mayotte en inaugurant officiellement le premier site mahorais certifié May’Refuge LPO. Une reconnaissance symbolique, fruit d’un partenariat étroit entre le GEPOMAY, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et le Jardin Maore, scellé par la signature officielle de la convention en présence de Monsieur Alain Bougrain-Dubourg, président national de la LPO.

Le Jardin Maore devient ainsi la vitrine locale d’un dispositif centenaire, le Refuge LPO, adapté au contexte mahorais sous l’appellation May’Refuge LPO. Cette démarche volontaire s’adresse aux collectivités, établissements publics, entreprises et particuliers souhaitant s’engager concrètement en faveur de la nature, en conciliant activités humaines et protection du vivant.

En intégrant le réseau May’Refuge LPO, le Jardin Maore s’engage à appliquer 15 gestes éco-citoyens, issus de la Charte Refuge LPO et adaptés aux spécificités locales.
Parmi eux : une construction sur pilotis, limitant l’emprise sur le sol vivant, l’interdiction de la chasse du tang sur le site toute l’année, la valorisation des déchets organiques par le compostage mais aussi la participation active aux

sciences participatives, en lien avec le Parc naturel marin, le CETA Maore ou encore le GEPOMAY.

Le Jardin Maore a fait le choix de créer un poste dédié à l’environnement et à la biodiversité. Ses missions couvrent aussi bien le suivi scientifique des tortues marines, mené en lien avec le CEDTM de La Réunion, que la gestion environnementale quotidienne : traitement des déchets, valorisation de l’eau de pluie, restauration de la biodiversité au sein de l’hôtel.

Des inventaires faune-flore ont déjà été réalisés avec le GEPOMAY et un sentier pédagogique, ouvert à tous les visiteurs, permet de sensibiliser le public. « L’idée est d’offrir aux clients une véritable expérience nature, tout en améliorant nos connaissances scientifiques », explique le chargé de mission environnementale et biodiversité du site.

Un engagement rendu possible grâce à la synergie des partenaires et au soutien financier du GAL Ouest Grand Sud.

Pour Émilien Dautrey, représentant du GEPOMAY, cette inauguration dépasse le simple cadre symbolique : « Nous n’affirmons pas seulement une convention, mais une conviction : la biodiversité mahoraise mérite d’être protégée partout, y compris dans les sites touristiques, urbains, publics et privés. »
Il rappelle que protéger ne signifie pas exclure : « Intégrer la nature dans le quotidien des Mahoraises et des Mahorais est essentiel. Le Jardin Maore démontre qu’il est possible de concilier activité économique, accueil du public et engagement fort pour la biodiversité. »

Très ému lors de la plantation symbolique d’un baobab sur le site, Alain Bougrain-Dubourg a salué une initiative fondatrice :
« Mayotte est un joyau de l’outre-mer, où se concentre 80 % de la biodiversité française. Ce jardin est le début d’une grande histoire. » Soulignant l’importance de la pédagogie, il a insisté sur la transmission aux plus jeunes : « Si l’on apprend à un enfant à s’émerveiller devant la plus modeste des créatures, il embrassera la biodiversité avec passion et curiosité. »

La journée inaugurale s’est conclue par une présentation grand public de la charte des 15 gestes May’Refuge LPO, ainsi que par la présentation de l’outil participatif Faune Mayotte, destiné à améliorer les connaissances naturalistes sur l’île.

Avec cette première labellisation, le Jardin Maore ouvre la voie à une nouvelle dynamique environnementale à Mayotte, où tourisme et protection de la nature avancent désormais main dans la main

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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