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La vie à haut risque des tortues racontée par le spécialiste Jacques Fretey

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Le dernier café des Naturalistes, qui s’est tenu mercredi au restaurant La Croisette, à Mamoudzou, conviait l’expert international en tortues marines Jacques Fretey, qui a tenu une conférence sur les risques encourus par l’espèce. 

Mercredi 26 juin, l’association des Naturalistes de Mayotte a organisé une conférence dédiée aux tortues marines, à l’occasion de la présence sur le territoire des spécialistes en la matière Jacques Fretey et Alexandre Girard. Le premier, expert à l’échelle internationale, a parcouru le monde entier pour étudier et protéger l’espèce, tandis que le deuxième est coordinateur du Groupe tortues marines de France (GTM) au Muséum national d’histoire naturelle. Mayotte a une histoire particulière avec Jacques Fretey, ce dernier ayant organisé l’identification des principaux sites de ponte sur l’île dans les années 1990 et fait construire la maison des gardes à Moya, et le faré de Saziley, où Les Naturalistes organisent leurs bivouacs de surveillance des tortues, chaque semaine.

Le scientifique est ainsi revenu sur une grande partie des clichés qu’il a pu prendre au cours de sa carrière à travers le globe, qui dépeignent la « vie à haut risque » des tortues. Une première partie était consacrée aux dangers naturels pour ces animaux, et la deuxième, malheureusement bien plus longue, aux risques provoqués par l’Homme et son activité. Si la prédation de la tortue par l’humain pour sa chair est une problématique persistante à Mayotte, où les braconniers tuent chaque semaine de nouveaux individus, on voit qu’elle est tristement répandue en Afrique continentale, en Amérique du Sud et en Guyane.

« Les sites de pontes peuvent se déplacer »

Jacques Fretey montre même une photographie prise à La Réunion dans les années 1970-1980 de l’abattoir de Saint-Pierre, où un projet expérimental d’exploitation industrielle de viande de tortue était mené. « Sa graisse est prédatée pour les cosmétiques, ses écailles pour les lunettes et l’ameublement, certaines parties de son corps pour des vertus soi-disant thérapeutiques… », liste l’expert tout au long de sa conférence. 

Pour protéger l’espèce, la sensibilisation est absolument nécessaire, et il est également primordial de veiller sur les lieux de pontes. Mais comme l’indique Alexandre Girard, cette stratégie a ses limites. Si à Mayotte, la plage principalement surveillée par les Naturalistes est celle de Saziley, il n’est pas dit qu’avec le dérèglement climatique, elle continue d’être accostée par les tortues. « Avec l’augmentation des températures, les sites de pontes peuvent se déplacer. Certaines plages actuellement prisées des tortues peuvent devenir trop chaudes, tandis que d’autres qui ne le sont pas assez actuellement pourront devenir des lieux de pontes », explique l’expert. Il rappelle qu’il est donc important de veiller sur l’ensemble des plages de Mayotte, qui sont toutes de potentiels lieux de ponte. 

Comment préserver les lieux de pontes à Mayotte ?

Pour éviter de déranger les tortues qui viennent pondre sur les plages, il est important de ne pas utiliser de lumière vive et diffuse sur ces dernières, car cela désoriente l’animal qui peut ensuite se perdre pour retrouver la mer. Il est préférable d’utiliser de la lumière rouge, une lumière directionnelle au pire, et au mieux, pas de lumière du tout. Il faut aussi limiter la destruction des plages, notamment en luttant contre l’érosion et le piétinement. Cela passe par de la sensibilisation, ou encore la reforestation, qui permet de retenir la terre. Ne pas laisser ses déchets sur les plages permet aussi aux tortues d’éviter des obstacles qui peuvent perturber sa montée. Surveiller les chiens quand on les emmène à la plage, ces derniers pouvant déterrer les œufs et attaquer les tortues, et respecter les interdictions d’en emmener quand il y en a. Enfin, surveiller activement les plages peut permettre de dissuader les braconniers de s’en prendre aux tortues.

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