Christine Raharijaona : “On ne peut pas mettre un policier derrière chaque citoyen”

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Flash Infos : Pour la rentrée scolaire, le MAN-OI était fortement mobilisé pour animer des ateliers dans les lycées. Pouvez-vous présenter cette démarche ?

Christine Raharijaona : On y a en effet passé toute la semaine dernière ! Les bénévoles ont été mis à contribution, et ils étaient présents de 7h à 17h. Au début de l’année, on avait évoqué avec le Recteur l’idée de faire ces ateliers dans les lycées alors que nous les proposons d’habitude à la prison. Et il avait trouvé cela très intéressant. Résultat, on a finalement été sollicité avant les vacances par le lycée des Lumières Mamoudzou Nord, sur un projet de l’équipe pédagogique, validé par le chef d’établissement. Cela s’inscrit dans notre programme respect et traitement de la violence, et on a pu aborder avec les lycéens le respect et la communication non-violente sous forme de débats. Pour l’instant, on a uniquement ce partenariat avec le lycée de Mamoudzou Nord, mais l’idée de l’élargir aux collèges et lycées de l’île commence à faire son chemin.

FI : Cette rentrée scolaire a été émaillée de barrages et d’affrontements sur fond de grève des transporteurs. Quel regard portez-vous sur ces nouvelles violences ?

C. R. : Je pense que c’est le moment de faire un état général de la situation. Puis de se retrousser les manches et travailler ensemble, et non plus chacun de son côté. Je parle là des associations, de la police, des institutions : il nous faut une bonne fois pour toutes se pencher sur la question pour envisager une action commune. Car certes, il y a l’aspect sécuritaire, qui est une mission régalienne. Mais il faut aussi donner des perspectives aux jeunes. Il faut construire un foyer pour ceux qui sont laissés à leur compte. Et il ne faut pas hésiter à solliciter les associations pour organiser la médiation sociale. Au MAN-OI, on a ce savoir-faire sur la gestion des conflits. On a été sollicités lors d’une réunion au conseil départemental il y a environ deux semaines, dans le but de préparer une assise sur la gestion des violences. Elle devrait se tenir en septembre. On est prêts à apporter notre pierre à l’édifice.

FI : Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui appellent à une réponse sécuritaire et répressive. Qu’en pensez-vous ?

C. R. : Gardons à l’esprit que cette situation est multi-factuelle. Il faut pouvoir analyser les causes et conséquences de ces violences. Certes, il est légitime, quand on est blessé dans sa chair, quand on a le sentiment de ne pas être en sécurité, d’appeler à plus de répression.

Mais j’ai bien peur que cela ne règle pas le problème. On ne peut pas mettre un policier derrière chaque citoyen. Il y a la misère, il y a l’immigration, il y a la jeunesse désœuvrée… Tous ces éléments conduisent à ce cocktail explosif ! L’État a ses missions, et les associations aussi, chacun doit prendre sa part et assumer ses responsabilités. Mais la violence ne doit jamais être une fatalité. Au contraire, peut-être qu’une réponse réside dans le fait de s’engager davantage dans des missions bénévoles, dont on a toujours besoin. Pour aller devant les écoles, sur les chantiers d’insertion. Et il faut ajouter à cela la sécurité du territoire, l’éclairage public, les caméras de surveillance, la création d’emplois, la formation, la lutte contre l’habitat indigne… C’est un peu la pyramide de Maslow [théorie selon laquelle les motivations d’une personne découlent de l’insatisfaction de certains de ses besoins, du plus primaire (besoins physiologiques et de sécurité), au plus supérieur (besoin de s’accomplir) NDLR]. Quand aucun besoin n’est satisfait, cela génère forcément des frustrations.

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