Les amendes pour non-port du masque pleuvent dans les taxis

À lire également

Quand la population mahoraise prépare la riposte

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

Attaquée de toutes parts à Mayotte, Panima tente de riposter

Entre la polémique sur la qualité des repas livrés aux confinés du RSMA, et la mise à l’arrêt d’une partie importante de son activité à cause du confinement, l’entreprise de restauration collective est sur tous les fronts. Mais face à ces multiples coups durs, son directeur, Gilles Rouinvy, ne baisse pas les bras et répond aux critiques. Entretien.

Les chiffres qui rendent le confinement compliqué à Mayotte

On le sait, le confinement à Mayotte est rendu d’autant plus difficile qu’une grosse partie de la population vit dans des habitations insalubres, dénuées du confort élémentaire. Dans une publication diffusée hier, l’Insee rappelle quelques chiffres parlants. Résumé point par point.

Sous l’impulsion de la préfecture, le service des transports terrestres de la Deal et la police municipale de Mamoudzou ont procédé à une série de contrôles des taxis pour s’assurer que le port du masque était bel et bien respecté. L’occasion de verbaliser les chauffeurs pour d’autres infractions plus classiques.

« Ah, le chauffeur, déjà, il n’a pas de masque, c’est mauvais pour lui… » Casquette visée sur la tête avec le logo de la police municipale, Abou s’approche du taxi qu’il vient de faire ranger sur le bas-côté. À l’intérieur de l’habitacle, deux autres passagers sont dans la même situation et ne portent pas le précieux sésame. « Je peux décider de faire de la prévention s’ils en ont avec eux, sinon je serai obligé de les verbaliser. » Ironie du sort, l’un d’eux présente un titre de séjour falsifié. « Un réel contrôle aurait demandé d’appeler l’officier de police judiciaire compétent. Mais ce n’est pas la priorité de la mission du jour. » Prié de sortir de la voiture, l’homme continue sa route libre comme l’air, à pieds cette fois-ci.

Car l’opération menée ce jeudi matin, sur le parking du Barfly à Mamoudzou, consiste à sanctionner les taximens et les clients qui ne respectent pas les règles en vigueur, à savoir de porter un masque. Une obligation suite à la parution le 11 mai dernier du décret n°2020-545 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19. « Le taxi est vecteur de contamination », insiste Luca Vergallo, du cabinet du préfet. « Aujourd’hui, nous avons plus de liberté [avec la fin de l’état d’urgence], mais la liberté c’est faire preuve de responsabilité. Si nous arrivons à maintenir la courbe, nous allons pouvoir relancer l’activité économique. C’est dans l’intérêt de toute le monde, c’est un geste simple. » Alors pour limiter la propagation du virus et éviter une seconde vague, une vaste campagne de prévention a d’abord été menée par les contrôleurs des transports terrestres de la Deal (direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) pendant un mois pour rappeler la bonne conduite à tenir. Sur cette période de sensibilisation, « 61% des 156 véhicules inspectés faisait l’objet d’un défaut de port de masque » selon Gilles Ferry, en charge du service.

« Nous ne transigeons pas sur la sécurité »

Hier donc, place aux choses sérieuses. De 9h30 à 10h30, les arrêts sur le bord de la route s’enchaînent. Jacques, en poste depuis un 1 an à la Deal, s’assure également que tous les papiers sont en règle : autorisation de mise en exploitation, assurance, contrôle technique, carte employeur… « Vous voyez le numéro d’immatriculation n’est pas le même que sur la carte. Mais la préfecture a précisé qu’une nouvelle était en cours de fabrication. Dans le cas contraire, nous aurions dû le verbaliser », souligne celui qui est dans le métier depuis 30 ans. Et à ses yeux, si certains taximens jouent avec le feu, c’est tout simplement pour des raisons économiques, « ce n’est pas une volonté manifeste ». « Leur secteur d’activité a été mis à mal par la crise. » Toutefois, ce n’est pas une excuse pour se montrer plus indulgent. « Nous avons une obligation d’exigence à l’égard des passagers. Nous ne transigeons pas sur la sécurité. » À l’image de cet automobiliste présentant des pneus lisses, « une infraction que je n’avais pas vu depuis 20 ans », se souvient Jacques, avec un sourire en coin. Verdict : le contrôleur l’invite à se mettre en conformité dans un délai de 7 jours, durant lesquels il n’a pas le droit de transporter de passagers. C’est ensuite à la Deal de l’autoriser à reprendre le volant.

10 amendes pour non-port du masque

Au bout d’une heure, Gilles Ferry dresse un bilan des premiers contrôles et les infractions relevées avec ses troupes et les agents de la police municipale de Mamoudzou, « avant de bouger 45 minutes au Nord de la ville et bass ». Sur les 17 véhicules contrôlés sur les deux sites, 10 amendes de 135 euros ont été attribuées pour non-port du masque, dont 2 seulement au niveau de la pointe Mahabou. À cela se sont ajoutées d’autres infractions, à l’instar d’un surnombre de personnes à bord d’un taxi et 4 défauts de contrôle technique. Des chiffres qui peuvent sembler dérisoires mais qui s’expliquent pour une raison simple selon Nastaoui, au service de contrôles des transports terrestres depuis 2016. « Le message [de notre présence] circule vite entre les taximens. Ceux qui n’ont rien à se reprocher passeront ici », résume-t-il, avant de conclure, d’un air résigné, « nous n’en prendrons pas beaucoup la main dans le sac ce matin ». Sous le regard malicieux d’un chauffeur à peine contrôlé, le masque sous le nez…

Mayotte Hebdo de la semaine

Le journal des jeunes

À la Une

Bodo : un nouvel album 100% made in Mayotte

Roho qui signifie coeur est le titre du nouvel album de Bodo. Il sort ce vendredi 30 octobre et fera certainement parler de lui....

Mayotte : Trois mois de prison avec sursis pour des cigarettes de contrebande et un panneau solaire volé

En octobre dernier, 2.800 cartouches de cigarettes et six kilos de bangué étaient interceptés par les gendarmes de Mayotte. Des arrivées de marchandises qui...

Confinement acte 2 : Quelles « adaptations » pour le sport mahorais ?

Un grand point d’interrogation plane au-dessus des sportifs mahorais. Les différentes fédérations nationales vont chacune de leur communiqué depuis mercredi soir et la dernière...

La future couronne de Miss Excellence visible en avant-première à Mzuri Sana

Le concours de Miss Excellence Mayotte 2020 se tient ce samedi au plateau de Ouangani. Six candidates – Larissa Salime Be, Lysiana Bacar, Hafna...

Mayotte : La première sirène d’alerte inaugurée à Dembéni deux ans après les secousses

Les missions d’étude du volcan responsable des séismes de 2018 ont mis en évidence le risque de tsunami qui menace Mayotte. Pour s’en prémunir,...