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Construction des halles amarrées, nouveaux bateaux, formation gratuite : la filière pêche de Mayotte se professionnalise

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

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Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

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Vendredi matin, un nouvel échange s’est tenu entre près d’une centaine de pêcheurs du territoire et Michel Goron, administrateur des affaires maritimes, pour lever tous les doutes des marins. Ce dernier en a profité pour faire un point sur les chantiers existants mais aussi sur les formations gratuites à leur disposition à condition qu’ils soient en règle. Entretien.

Flash Infos : Comment s’est organisée la rencontre de vendredi matin avec les pêcheurs ?

Michel Goron : Cette rencontre avec les pêcheurs est à l’initiative du président de la commission pêche de la Capam, qui a donc lancé les invitations pour réunir l’ensemble des pêcheurs de Mayotte. De façon à évoquer non seulement les points d’actualité, notamment les avancées sur la filière pêche, mais aussi apporter des éclaircissements aux interrogations diverses et variées des professionnels du milieu. Nous étions par exemple préparés à évoquer le contrôle qui s’est déroulé au Four-à-Chaux dans le cadre d’un comité opérationnel départemental anti-fraude. Sachant que nous avons enlevé 250kg de poissons et que sur 6 bateaux, il n’y en avait qu’un seul en position « normale ». Deux autres avaient le statut de professionnel mais ils employaient des étrangers en situation irrégulière… Je pensais que nous aurions eu à répondre à cette question, et finalement nous ne l’avons pas eue. Par contre, de nombreux échanges ont tourné autour de la problématique des titres de séjour. Même si elle ne relève pas de ma compétence, je peux m’en faire l’écho auprès du préfet !

FI : Vous avez également parlé de la construction des halles et des mises aux normes des bateaux. Quel est le calendrier établi sur ces chantiers ?

M. G. : Vous avez très bien vu comment se vend le poisson actuellement… Cela fait 4 ans que le constat a été dressé ! Donc il faut des points de débarquement obligatoire avec des halles à poissons, qui procèdent à la collecte. Les programmes de financement sont bouclés déjà bien longtemps. En 2018, nous avons finalisés Kani-Kéli et Bandrélé. En 2019, M’Tsahara, Chiconi et Petite-Terre. Et en ce moment, nous nous occupons de M’Tsapéré et Koungou. Nous avons à peu près une frise de 24 mois pour faire sortir de terre ces grandes installations. Mais nous pouvons rencontrer des problématiques techniques, comme la construction de pontons fixes au lieu de pontons flottants comme nous l’avions imaginé au départ. Il a alors fallu trouver le financement d’une machine à pieux, avec l’aide du Département et des intercommunalités. Après 36 mois de dur labeur pour les premiers pontons, nous allons enfin les voir émerger. Sachant que nous gagnerons du temps pour les autres. Globalement, le couperet tombe en juillet 2023, car nous sommes soumis à des règlements européens et que le fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp) pour la période 2014-2020 oblige un paiement au plus tard en juillet 2023. Tous ces projets vont se concrétiser incessamment sous peu. Nous sommes dans la phase où nous savons qu’ils vont se réaliser. Cela va permettre d’amarrer les navires sur les halles . Pour m’en assurer, je vais reprendre la tournée des DGS de toutes les communes pour savoir où ils en sont sur le projet et les aider dans la phase de pré-opérationnalité. Nous pouvons dire que pour ces projets d’infrastructure, nous sommes dans les clous !

Le renouvellement de bateaux est également un dossier européen. Il a fallu établir un régime d’aides et le remonter à l’Europe. J’ai reçu les observations au 31 août, auxquelles nous venons de répondre avec le conseil départemental. Jeudi, nous avons eu une réunion pour caler le langage terrain avec le langage européen. L’Europe a ensuite deux mois pour émettre de nouvelles observations ou les accepter. Si tout se passe bien, les financements commenceront au 1er janvier. Mais en parallèle de cela, il a fallu travailler pour ramener des bateaux à Mayotte. Les chiffres d’affaires de nos entreprises nous obligent à trouver des sociétés qui offrent des navires aux normes de la sécurité mais à des coûts moindres. Grâce au travail de la Copemay, nous avons récupéré une première barque de type Yamaha. Elle est toujours au ponton de plaisance car nous attendons le permis de navigation. Et nous avons un deuxième projet avec le chantier Techmarine à Madagascar qui va apporter un bateau de 3ème catégorie. Enfin, le Parc de son côté travaille bien pour le développement de ses dispositifs de concentration de poissons.

FI : Il ne reste plus que la formation des équipages pour que la boucle soit bouclée…

M. G. : Le Département n’a aucun problème pour financer des formations. Sa seule condition est de ne pas le faire dans le vide car il consacre quand même 800.000 euros chaque année sur cet aspect… Il souhaite par conséquent qu’un travail de recensement soit réalisé. D’un commun accord, nous avons décidé de monter une assistance technique Feamp pour s’en charger. Vous voyez bien que nous poussons, que nous tirons, mais à un moment donné, il faut que les professionnels viennent vers nous. Nous pouvons faire plein de choses pour eux, mais il faut aussi qu’ils aient la démarche inverse. D’om mon petit coup de colère aujourd’hui [vendredi 25 septembre] : nous ne pouvons pas toujours nous retourner vers l’État, le Département, le Parc naturel marin, les intercommunalités, les maires et dire ce que nous voulons. L’organisme en charge de représenter les pêcheurs, qui est la commission pêche de la Capam, doit être en état de faire son travail.

FI : Par contre, comme vous l’avez précisé, ces formations ne s’adresseront qu’aux marins mahorais et à ceux qui ont un titre de séjour en règle. Combien de temps durera-t-elle et en quoi consistera-t-elle ?

M. G. : Il faut être franc : 80% de la flotte mahoraise est illégale. Cela ne veut pas dire que nous refusons ou que nous excluons. Nous voulons bien les inclure mais il faut que ces gens-là fassent la démarche d’être en règle auprès de la préfecture. Et après, ils viennent voir l’administrateur, en étroite relation avec le Département, qui ne cesse de répéter qu’il souhaite financer des formations.

Ces dernières dépendront de ce que le marin veut passer comme brevet : matelot, petit capitaine de pêche… Après, nous avons des modules complémentaires de radio, etc. Il faut savoir combien d’élèves vont intégrer notre école. Nous allons proposer des sessions de 12, de 16, en fonction de ce que nous dira le directeur selon telle ou telle formation. Dans les 1 ans ½, 2 ans à venir, nous allons faire en sorte de bien récupérer nos armateurs et nos pêcheurs pour faire leur point de formation et dresser la liste pour l’envoyer à l’école et au conseil départemental. Nous avons jusqu’en 2025 pour rentrer dans la légalité et mettre tout en corrélation. Après cette date butoir, nous n’aurons plus de marche de manœuvre.

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