Plus de 90 écoles sont actuellement fermées dans l'île

Plus de 90 écoles sont actuellement fermées dans l'île

Plusieurs dizaines de milliers d'enfants inscrits en maternelle ou en primaire sont actuellement privés d'école.

 

En effet, un peu plus de 90 écoles sont actuellement fermées par les instituteurs grévistes qui se mobilisent depuis le 8 novembre dernier. Après les manifestations, les happenings devant des institutions comme le vice-rectorat, les tentatives de barrages, les enseignants en colère menés par le SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles et Pegc) ont décidé depuis la semaine dernière de cadenasser les portails d'entrée de dizaines d'écoles en l'absence de réponse favorable de l'État à leurs revendications. Leur mouvement porte toujours sur la reconstitution des carrières et l’attractivité du territoire dont ils exigent des améliorations ou changements tout de suite.

 

Depuis quelques jours, plus de 25 000 élèves mahorais (sur un total de plus de 55 000 écoliers selon le SNU ipp, 52 000 selon le vice-rectorat) ne peuvent pas aller à l'école. La faute aux blocages qui sévissent dans plus de la moitié des écoles primaires et maternelles de l'île sachant qu'elle en compte 180 sur son territoire. Le SNU ipp seul syndicat à avoir décidé de poursuivre le mouvement initié le 8 novembre dernier par une intersyndicale, a verrouillé les entrées de plusieurs établissements scolaires avec des cadenas et autres ustensiles. Victime collatérale du mouvement, l'ARS a dû annuler ses actions de prévention sur la prolifération des moustiques dans des écoles à Sohoa et Chiconi cette semaine. Idem pour les Naturalistes qui ont été contraints d'annuler son intervention auprès de scolaires à Mutsamudu hier dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets. “C'est désespérant pour les enfants, mais le dialogue reste ouvert dans les circonscriptions”, s'est contenté de répondre le vice-rectorat pas très loquace comme à son habitude quand des blocages ou des grèves secouent l'Éducation nationale à Mayotte.

 

Triple peine pour les familles

 

Autres victimes du blocage, les familles aux revenus modestes ou, dont le niveau de vie est en dessous du seuil de pauvreté (plus de 80 % de la population concernée selon l'Insee). Pour elles, c'est donc la triple peine : elles souffrent de la misère, d'un système éducatif public encore plus en difficulté qu'en métropole (classes surchargées, rythmes scolaires inadaptés, rotations, insalubrité de certains établissements ou encore quasi-absence de réfectoires) et elles subissent les grèves à répétition dans l'enseignement. La fermeture des écoles est illimitée, a annoncé Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départemental du SNUipp. Le syndicat demande toujours la reconstitution des carrières suivant l’ancienneté des ex-fonctionnaires de la collectivité départementale, d’augmenter l’attractivité réelle du département avec une indexation égale à 53 % pour les fonctionnaires affectés à Mayotte et le passage des établissements scolaires de Mayotte du statut REP en REP+, “comme cela a été réalisé en Guyane”.

 

“Le vice rectorat ose encore soutenir que le mouvement est minoritaire. Mieux, au lieu de s’atteler à trouver des solutions avec les grévistes et leur syndicat, la Vice Rectrice est en train de perdre son temps à missionner ses Inspecteurs de l’Éducation nationale à ouvrir les écoles bloquées ou à intimider les grévistes. En tout cas, le gouvernement et les services de l’État à Mayotte feraient mieux de ne pas sous-estimer la solidarité et la détermination des enseignants du premier degré. D’autant plus que nombreux sont ceux qui estiment que les revendications que porte le SNUipp-FSU Mayotte sont légitimes à l’instar du président du Conseil départemental et du député Ibrahim Aboubacar qui nous ont porté leur soutien”, expliquait le SNU ipp dans un communiqué publié hier.

 

Une rencontre est prévue le 5 décembre au ministère de la Fonction publique pour faire le point sur les décrets “reprise d’ancienneté”. Mais pour le SNUipp, l'État essaie de gagner du temps. Pour le moment, aucune rencontre n'est prévue entre le vice-rectorat et les représentants du mouvement de grève. Le SNUipp-FSU Mayotte appelle à une nouvelle manifestation dans les rues de Mamoudzou le jeudi 24 novembre ; le rassemblement est fixé au vice rectorat à partir de 8h30. Les enfants vont donc devoir s'armer encore de patience avant de pouvoir retrouver le chemin de l'école.

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