Ce mardi 31 mars, près d’une centaine de membres du personnel du rectorat se sont réunis afin de manifester pour de meilleures conditions de travail. Parmi eux, les équipes mobiles de sécurité (EMS) demandent l’attribution d’une prime de risque, en raison des situations de violence auxquelles elles sont confrontées au sein des établissements.
Aux abords des établissements, elles se disent en première ligne face aux faits de violence dans les 33 établissements que compte Mayotte. Venues devant le rectorat, elles réclamaient une prime de risque. « Lors des événements de Kahani, c’est nous qui sommes en première ligne », évoquent deux agents. « Les parents d’élèves sont d’ailleurs plus rassurés de nous avoir devant les établissements. » poursuivent-ils. Vêtus de tee-shirts rouges, ils dénoncent un manque de reconnaissance de leur statut. « Les enseignants ont une prime de risque, les AED en ont une aussi, pourquoi pas nous ? On ne comprend pas », explique l’un d’eux.
Créées en 2012, les EMS ont pour rôle de « participer au maintien d’un climat scolaire serein », selon l’organigramme du rectorat. Elles sont rattachées à un directeur, lui-même directement relié au cabinet de la rectrice, Bérénice Hartmann, directrice de cabinet auprès de la rectrice Valérie Debuchy, qui a souhaité répondre à nos questions : « Ces équipes sont mobiles et déployées dans les établissements lorsqu’un incident survient. À Mayotte, le choix a été fait de les positionner de manière quasi permanente directement dans les établissements, plutôt qu’au rectorat. Elles peuvent ainsi être redéployées en fonction des tensions constatées. »
Des équipes mobilisées face à l’insécurité
Depuis septembre 2025, plusieurs opérations visant à renforcer la sécurité ont été mises en place par le rectorat. Des opérations de fouille sont menées afin de prévenir les incidents. Des sanctions collectives sont également établies en concertation avec les chefs d’établissement, les compagnies de transport scolaire et le procureur de la République. Plus récemment, des formations à la gestion des situations de crise ont été organisées, afin de tenter de réduire les faits de violence.
Face à la demande d’une prime de risque, la directrice de cabinet avance deux raisons qui ne permettent pas sa mise en place. La première est financière : « Il n’existe pas à ce jour de dispositif permettant l’attribution d’une prime de risque. » Aucune ligne budgétaire n’est donc prévue. La seconde tient à la nature de cette prime, liée aux situations de violence, qui pourrait être variable. « Une indemnité pourrait reconnaître un certain niveau d’exposition, mais une éventuelle revalorisation de la rémunération pourrait entraîner une diminution de ces indemnités lors d’un amenuisement des violences, ce qui poserait question », énonce-t-elle.
La directrice de cabinet auprès de la rectrice de Mayotte reconnaît néanmoins qu’une vigilance reste nécessaire et que les faits de violence aux abords des établissements ne doivent pas être banalisés.
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.




































