Ce mardi 31 mars, l’intersyndicale des enseignants de Mayotte a répondu à l’appel national à la grève. Dès 9 heures, près d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le rectorat à Mamoudzou pour faire entendre leurs revendications.
« On ne peut pas maintenir un système éducatif avec des précaires », déclare Rivo Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU Mayotte. Au niveau national, la mobilisation vise à contester les fermetures de classes et à demander une revalorisation salariale. Localement, les revendications portent sur les congés pour grave maladie et de longue durée, la vie chère ainsi que la sécurité dans les 33 établissements scolaires du secondaire.
Une délégation composée de plusieurs organisations syndicales, dont l’UNSA, le SNES, la CGT, la CFDT et FO, a été reçue pendant plus d’une heure. Si les échanges ont permis de rappeler les attentes du personnel, aucune réponse favorable n’a été apportée.
Du côté des syndicats, le sentiment d’enlisement domine. « On a l’impression de tourner en rond. Ce sont les mêmes revendications depuis des années. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de dialogue social avec la rectrice. Rien n’avance, ni sur le fond ni sur la méthode », déplore Rivo Rakotondravelo.
Les organisations syndicales affirment pourtant avoir privilégié le dialogue avant toute mobilisation. Elles estiment qu’un mouvement de grève aurait pu être évité.

Les syndicats dénoncent une succession de normes juridiques sans effet
Plusieurs mesures restent en attente de textes d’application, notamment concernant certaines indemnités ou dispositifs liés aux situations individuelles. Les syndicats dénoncent une succession de lois non suivies d’effets concrets.
La question de la titularisation au sein du premier degré est également soulevée : 50 titularisations seraient en cours sur les 1 000 contractuels du premier degré selon les chiffres du syndicat. Une situation jugée insuffisante par les représentants, qui dénoncent le recours massif à la précarité.
À l’issue de la rencontre, la perspective avancée concerne la mise en place de groupes de travail sur des thématiques comme l’attractivité, la laïcité ou encore les conditions de travail. La même méthode est utilisée. Des annonces accueillies avec prudence par les syndicats, qui attendent désormais des avancées concrètes.
Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.




































