La grève générale n'aura pas lieu ?

La grève générale n'aura pas lieu ?

La réunion du 29 septembre dernier leur est restée en travers de la gorge. Aujourd’hui à 7h, ils seront donc regroupés devant le vice-rectorat à l’appel des syndicats enseignants SNU ipp et SNES , mais regroupés sous la bannière de la FSU (Fédération syndicale unitaire). CGT, CFDT, ou encore FO de Mayotte soutiennent ouvertement le mouvement de grève.

En cause : des revendications non écoutées, selon les différents syndicats, avec en tête de liste le taux d’indexation des salaires des professeurs (40 % à Mayotte contre 53 % à la Réunion par exemple), sur lequel le gouvernement s’était engagé à discuter en 2013, dès qu’une étude sur le coût de la vie à Mayotte serait publiée. Discussion qui n’est plus à l’ordre du jour. “La réunion du 29 septembre a vu la clôture pure et simple de cette possibilité, explique Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SNUipp et cosecrétaire de la FSU Mayotte. Nous demandons que les discussions restent ouvertes dès que les données de l’étude seront publiées.”

Également, la mise en place d’un dispositif exceptionnel de reclassement des anciens instituteurs de la collectivité départementale de Mayotte (CDM) fait partie des attentes : “Les professeurs de la CDM se sont battus pour faire partie de la fonction publique. Ils y sont arrivés, mais leur ancienneté n’a pas été prise en compte, reprend le responsable. Nous demandons à ce qu’elle le soit enfin.”

Une grève durable ?

Reconductible, quelle que soit la participation d’aujourd’hui, la grève pourrait se poursuivre : “Cette possibilité est réelle et déjà engagée, reprend le délégué. À moins que nos demandes soient prises en compte, la mobilisation se poursuivra.” Quoi qu’il en soit, dans les rangs syndicaux, beaucoup espèrent du changement. Cette fameuse réunion a en effet suscité la déception, mais aussi la colère : “Nous nous sommes retrouvés face à des réactions méprisantes envers la fonction publique de Mayotte”, commente pour sa part Ousseni Balahche, de la CFDT. Nous soutenons cet appel à la grève pour demander réparation et que les agents de Mayotte soient considérés comme tout autre agent de la fonction publique française.” Et d’ajouter : “Si la participation est bonne, si les agents montrent leur volonté, alors nous mettrons tout en oeuvre pour mobiliser les énergies.”

Ras-le-bol général

Car se greffent par dessus un ras-le-bol général, et la possibilité que ce mouvement débouche sur une grève plus massive et générale. Il se murmure d’ailleurs que d’autres administrations pourraient rejoindre le mouvement des enseignants pour appeler le gouvernement à du changement.

À plus long terme, FO Mayotte confie réfléchir à la possibilité d’une grève réunissant public et privé. Une idée qui rôde aussi au SNUipp, pour qui une grève de plus grande importance n’est pas à exclure dans les semaines à venir.

G.V

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