La CGT craint que le lycée de Sada ne devienne un nouveau cluster

La CGT craint que le lycée de Sada ne devienne un nouveau cluster

Alors qu’une surveillante du lycée de Sada a été contrôlée positive au Coronavirus, le rectorat et l’ARS ont décidé de maintenir l’établissement ouvert. Si l’employée n’avait passé que quelques heures dans la cour de l’établissement avant même que celui-ci ne rouvre, la CGT estime que la reprise des cours s’est décidée prématurément. 

“Faudra-t-il attendre un nouveau cluster pour agir ?” Voilà la question posée par la CGT Éduc'action, après avoir appris qu’un personnel du lycée professionnel de Sada avait été dépisté positif au Coronavirus jeudi dernier. Deux jours plus tôt, cette même personne avait participé à une réunion avec ses collègues au sein même de l’établissement. Mais selon l’organisation syndicale, aucune mesure n’a été prise depuis pour protéger élèves et effectifs. Et pour cause : “Il n’y a pas eu de comportement à risque”, promet le recteur. 

Retour au mardi 2 juin. Le lycée de Sada doit rouvrir le lendemain, pour les élèves de terminale en filière professionnelle uniquement. Tous les effectifs de l’établissement sont conviés, de 8h à 13h, à une réunion préparatoire. Une quarantaine de personnes répondent à l’appel, toutes prennent place dehors, sur les bancs de la cour, séparées d’un mètre de distance. Parmi les têtes masquées, une surveillante chargée de la vie scolaire, celle-là même qui s’avérera porteuse de la covid 48 heures plus tard. Entre temps, cette personne n’a eu aucun contact avec ses collègues, et n’a pas croisé ne serait-ce qu’un seul élève, puisqu’elle n’est pas revenue au lycée depuis le jour de la réunion, selon les affirmations de Gilles Halbout et du principal. 

Lorsque les résultats de son dépistage tombent, l’agence régionale de santé retrace tous les possibles cas contact, dans la sphère privée comme professionnelle. La liste de tous les personnels présents mardi matin est transmise à l’ARS. Finalement, le verdict tombe samedi : “aucun des agents cités n’a besoin d’être placé en quatorzaine”, tranche l’agence, estimant que les gestes barrières ont pu être strictement observé. Du côté de la CGT, qui n’a été prévenue de la situation que dans le week-end, c’est l’incompréhension. Un dépistage systématique, ou à défaut une quatorzaine de tous les collègues avant la rentrée, est demandée au rectorat, avant d’être balayée d’un revers de la main, l’ARS ne l’estimant pas nécessaire. 

Une rentrée des classes “prématurée” ? 

Pourtant, selon Quentin Sades, secrétaire général de la CGT Éduc’action de Mayotte, plusieurs entraves aux gestes barrières ont été observées les jours suivants, notamment concernant le port du masque des élèves. D’autres font encore état de conseils de classe organisés dans “de tout petits bureaux”. Concernant le lycée de Sada, le proviseur aurait décidé que lundi, les élèves de terminal ne viendraient pas. Mais si les professeurs en ont été avertis, plusieurs lycéens, ne le sachant pas, se seraient bel et bien présentés aux portes de l’établissement, à l’heure où les rassemblements de plus de dix personnes sont toujours proscrits. “C’est encore un cafouillage assez inquiétant”, souffle Quentin Sedes. “Cette rentrée des classes est prématurée. D’autant plus qu’en lycée professionnel, les élèves viennent de toute l’île, et ça favorise encore les risques de propagation du virus. Qu’est-ce qui se passe dans le bus, ou lorsque les élèves arrivent devant l’établissement ? Respectent-ils vraiment les gestes barrières ? Avec toutes ces inquiétudes, on craint une remontée rapide du nombre d’infections...” 

Le recteur, lui, se veut plus rassurant. “Tous les cas contacts ont été identifiés. Si la personne s’était baladée dans tout l’établissement ou avait eu des contacts avec des élèves ou ses collègues, nous 

aurions évidemment fermé l’école. Mais au regard de la situation, cela n’est pas justifié.” Ainsi, lorsqu’un cas positif avait été détecté deux semaines plus tôt dans un autre établissement, le rectorat avait choisi de fermer l’enceinte concernée en attendant le feu vert de l’ARS. Et si plusieurs professeurs ont récemment décidé, inquiets, de demander une autorisation d’absence, Gilles Halbout rappelle qu’aucun personnel en milieu scolaire n’est à ce jour obligé de répondre présent à son poste.

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