Les parents d’élèves non boursiers, qui contribuent à hauteur de 84% dans les recettes d’écolage de l’établissement rejettent les hausses tarifaires que le lycée français international Henri-matisse prévoit d’appliquer durant les deux prochaines années.
Depuis fin janvier, les parents d’élèves non boursiers dénoncent la hausse des frais de scolarité que le lycée français international henri-matisse de Moroni entend appliquer dès l’an prochain. L’écolage procèdera à une augmentation de 155 euros pour l’année scolaire 2026_2027 et 444 euros, pour 2027_2028. Cet argent devrait permettre à l’école de contribuer au paiement des cotisations sociales et patronales du personnel détaché par l’agence pour l’enseignement français à l’étranger (Aefe), qui a subi des coupes budgétaires de la part de l’Etat français. Mais déjà, cette hausse annoncée est contestée par les parents d’élèves non boursiers, qui se sont constitués en commission ad-hoc, pour faire entendre leurs voix.
595 euros sur deux ans
Selon le collectif des parents, les nouveaux tarifs pour les deux prochaines années, s’élèveront à 595 euros par élève, ce qui devient excessivement lourd à supporter pour de nombreuses familles, disent-ils. » Certes, nous comprenons l’importance d’assurer des conditions de travail dignes aux enseignants, mais nous estimons que faire peser une nouvelle fois cette charge sociale et patronale sur les familles n’est ni équitable ni durable. Faire pression financièrement sur les parents d’élèves ne nous semble pas être la meilleure solution pour résoudre des questions qui relèvent de choix structurels et institutionnels. Ainsi, nous sommes convaincus que d’autres solutions peuvent être envisagées par l’établissement et les instances concernées, sans que cela ne repose systématiquement sur les poches des familles« , poursuit la lettre consultée par Flash Infos, et dont une copie a été transmise à l’ambassade de France aux Comores. Contactée, la chancellerie, dit comprendre les préoccupations exprimées par certains parents ainsi que le dialogue est engagé avec eux afin d’expliquer le contexte et d’écouter leurs attentes. « Comme l’ensemble des établissements du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, le lycée de Moroni s’inscrit dans l’évolution du modèle de financement destinée à garantir la qualité et la pérennité de l’enseignement français à l’étranger. Le Lycée français international Henri-Matisse est un établissement important pour le paysage éducatif comorien et la priorité reste de préserver un enseignement d’excellence ouvert aux élèves comoriens et internationaux« , a rappelé l’ambassade de France aux Comores. Le lycée international français Henri-matisse fait partie des centaines d’établissements ayant signé une convention avec l’agence pour l’enseignement français à l’étranger (Aefe). Cette homologation actée par le ministère français de l’éducation apporte un lot d’avantages comme l’enseignement du programme français dans les établissements conventionnés à l’instar du lycée français international Henri-matisse de Moroni.
Hausse mondiale
Il faut savoir que dans de nombreux pays du monde, cette hausse des frais de scolarité dans les écoles françaises suscite la controverse. » Nous devions être informés en amont mais au lieu de ça, l’association des parents nous a mis devant le fait accompli. Ils oublient qu’en six ans, nous avons supporté trois augmentations de 5%, tous les deux ans. Mais là, il est hors de question de payer des charges sociales et patronales des contractuels français détachés aux Comores. Cette charge revient à l’Aefe, leur patron. Ce n’est pas à nous parents de mettre la main dans la poche« , insiste un parent d’élève. La commission ad hoc mandatée par des parents d’élèves non boursiers maintient sa position et menace même de faire changer d’écoles leurs enfants. Une pétition a même été lancée et a recueilli les signatures de plus de 25 familles. Notons que l’école française avait enregistré lors de la rentée de septembre dernier, un effectif de près de 400 élèves. Pointée du doigt, l’association des parents d’élèves (Ape), propriétaire du terrain et locaux de l’établissement et qui assure également la gestion administrative et financière, a apporté des clarifications. » Il est essentiel de rappeler certains éléments de contexte afin de rétablir les faits et éviter toute confusion. D’abord, le budget de l’établissement est voté chaque année en assemblée générale d’élèves, sur la base des besoins réels de fonctionnement et du projet pédagogique. Le dernier budget a été adopté à une large majorité, à hauteur d’environ 75 % des voix, traduisant une adhésion significative des parents présents ou représentés. Contrairement à certaines affirmations, le bureau élu de l’APE n’a en aucun cas mis les parents devant le fait accompli« , a réagi, le président de l’Ape, le Dr Ahmed Said Abdallah. A l’entendre, la question de la cotisation des pensions civiles des personnels détachés, est une réforme globale décidée par l’Aefe, et qui concerne l’ensemble des établissements conventionnés ou en gestion directe dans le monde, dont le lycée français international Henri Matisse. « Cette mesure, applicable à compter du 1er juillet, s’impose donc à notre établissement comme à tous les autres. Il est important de préciser que l’augmentation envisagée des frais de scolarité ne se limite pas à cette seule mesure. Elle s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une inflation significative aux Comores, une augmentation continue des coûts de fonctionnement, et la nécessité de préserver un enseignement de qualité conforme aux standards de l’Aefe« , a fait savoir, le Dr Ahmed Said Abdallah.
Journaliste presse écrite basé aux #Comores. Travaille chez @alwatwancomore
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