Nouveau Groupement Patronal de Mayotte : renouer le dialogue avec les partenaires « perdus »

Il préfère le qualificatif « d’entrepreneurs humanitaires » à celui « d’entreprises prédatrices » qu’une partie du public mahorais n’hésite pas à attribuer au MEDEF. Fahardine Mohamed, président du nouveau Groupement Patronal de Mayotte, avait organisé hier matin, mardi 24 mars 2026, une rencontre avec les représentants de certaines institutions locales afin d’échanger avec eux, de les rassurer et de les écouter. Un exercice qu’il a souhaité placer sous le signe de la transparence, avec la volonté de renouer au plus vite le dialogue social.

Le monde économique mahorais s’achemine assurément vers la coexistence de deux organisations syndicales représentatives de l’entrepreneuriat. En effet, malgré sa radiation officielle et définitive du MEDEF national à la mi-janvier 2026, les adhérents de l’ancien MEDEF Mayotte sont déterminés à finaliser la création d’un nouveau groupement patronal sur l’île, malgré un recours en justice toujours en cours contre cette décision d’exclusion.

Certain du soutien de ses adhérents, son président, Fahardine Mohamed, ne ménage pas ses efforts pour asseoir durablement le GPM. C’est dans cette optique qu’il avait convié, hier à Kawéni, au centre d’affaires Maharajah, une réunion d’échanges et de concertation avec des représentants d’institutions, jadis partenaires du MEDEF Mayotte.

À proprement parler, il s’agissait d’une prise de contact officielle avec ces acteurs publics (CSSM, Préfecture, CUF, RSMA, Établissement de reconstruction et de refondation de Mayotte, Département-Région), ainsi qu’avec d’autres structures participant au dialogue social et au sein desquelles siègent les syndicats patronaux (ADIM, Carif-Oref). La presse locale était également conviée à cette rencontre.

« Un certain nombre d’événements se sont déroulés ces dernières semaines, entraînant de nombreux commentaires, plus ou moins fondés. Il était donc important pour nous de vous donner notre version des faits, avec des éléments dont vous pourrez vous-même vérifier la véracité », a introduit Fahardine Mohamed à l’attention de ses invités.

Il a ensuite détaillé les différentes étapes de la rupture consommée entre le MEDEF national et sa structure locale, exposant les raisons qui, selon lui, ont conduit à cette situation. Il a également exprimé sa désolation face au silence des institutions partenaires, qui ne se sont pas enquises du devenir du patronat local issu de l’ancien MEDEF Mayotte.

« Je me suis laissé dire que c’est lorsqu’on rencontre des situations difficiles que l’on distingue ses vrais amis des faux… »

Une manière pour lui d’évoquer les moments d’inquiétude traversés par ses collaborateurs, qui ont continué à l’accompagner durant cette période difficile. Il a, au passage, remercié le soutien d’un grand nombre d’adhérents qui ont choisi de le suivre dans le nouveau Groupement Patronal de Mayotte, résistant ainsi aux sollicitations et pressions exercées, selon lui, par le MEDEF national.

Fahardine Mohamed s’est félicité de la présence des institutions dont les représentants ont fait le déplacement à Kawéni. « Le plus important pour nous est de nous rassurer mutuellement, de nous écouter et d’échanger dans la transparence et la confiance », a-t-il souligné.

Il a ensuite répondu aux nombreuses questions de ses interlocuteurs, confirmant l’irréversibilité de la perte du label MEDEF et la coexistence probable, dans les mois et années à venir, de deux organisations patronales majeures à Mayotte.

« La FMBTP est avec nous pour l’instant et nous espérons qu’elle le restera. Le MEDEF national poursuit ses tentatives de débauchage auprès de certains de nos adhérents, qui, heureusement, résistent », a-t-il ajouté.

Les représentants des services de l’État et du Département-Région ont tour à tour souhaité savoir comment ils pourraient accompagner le GPM. Avant d’aborder les actions possibles, Fahardine Mohamed a insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue social, en soulevant la question de la représentativité du nouveau Groupement Patronal de Mayotte au sein des instances dédiées.

S’il n’a pas exclu un accompagnement des services de l’État et du Département-Région, notamment à travers des actions de formation au bénéfice de ses adhérents, il a toutefois exprimé le besoin de disposer, en priorité, de données fiables et actualisées, que pourraient lui fournir certains partenaires comme l’ADIM.

Ces données lui permettront d’avoir une meilleure visibilité sur l’avenir et de définir les actions à mettre en œuvre, en collaboration avec ses partenaires : leur forme, leur contenu, ainsi que les modalités de communication et d’information du public.

Il a enfin indiqué qu’il rencontrerait prochainement, individuellement, certaines institutions, notamment celles qui se sont excusées de leur absence, telles que la Commission d’Urgence Foncière (CUF) ou encore l’Établissement public chargé de la reconstruction de Mayotte.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Journaliste politique & économique

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une