Dans un contexte marqué par les répercussions de la crise post-CHIDO, l’antenne mahoraise de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) a vu son activité nettement s’intensifier en 2025. Observateur de l’économie locale, relais de la Banque de France et acteur de terrain auprès des entreprises comme des particuliers, l’institut revendique une année dense, marquée par une hausse de 57 % de ses interventions publiques.
Vingt-quatre publications ont été produites en 2025 : notes sectorielles, analyses du surendettement, études sur le secteur bancaire ou encore évaluation de l’impact de la crise CHIDO sur les entreprises mahoraises. Beaucoup sollicitée dans ce cadre, l’iedom a effectué 84 actions dites « de place » — conférences, réunions, interviews — près du double de l’année précédente.
L’IEDOM joue un rôle d’observatoire, mais aussi d’interface entre les réalités locales et les décisions nationales. Si la politique des taux relève de la Banque centrale européenne, l’institut en assure la déclinaison dans les territoires ultramarins de la zone euro. En 2025, l’enjeu principal a surtout été logistique : remettre en ordre la circulation monétaire après les perturbations du début d’année.
Au-delà du volume, l’institut insiste sur la qualité : les billets sont triés, contrôlés, et remis en circulation s’ils répondent aux critères. Deux sessions de formation à la détection des faux billets ont également été organisées auprès de professionnels. Un enjeu de sécurité, mais aussi de confiance dans la monnaie.
Autre mission moins connue : la cotation des entreprises. En 2025, 350 sociétés mahoraises ont été évaluées. Malgré le relèvement du seuil de chiffre d’affaires ouvrant droit à cotation (désormais fixé à 1,25 million d’euros), le volume reste stable.
Cette cotation, confidentielle, sert de référence aux banques et aux assureurs-crédit pour apprécier la solvabilité d’une entreprise. Cinquante-cinq entretiens ont été menés avec des dirigeants afin de compléter l’analyse comptable par des éléments qualitatifs (projets, stratégie, perspectives).
Le chiffre peut sembler modeste comparé à d’autres territoires ultramarins — environ 4 000 entreprises cotées à La Réunion, 1 200 aux Antilles, 600 en Guyane — mais il reflète la structure du tissu économique mahorais, composé à plus de 80 % de très petites entreprises et en dessous du seuil requis.
Seize chefs d’entreprise ou porteurs de projets ont été accompagnés en 2025 via le dispositif de correspondant TPE et la médiation du crédit. Cette dernière permet, de manière confidentielle et gratuite, de renouer le dialogue avec une banque ou un assureur-crédit en cas de refus de financement ou de rupture de lignes de crédit.
Dans un territoire où nombre d’entrepreneurs maîtrisent leur métier mais moins les outils de gestion financière, ces dispositifs restent encore peu identifiés, reconnaît-on en interne.
Côté particuliers, 56 dossiers de surendettement ont été déposés en 2025. Plus de 1 000 consultations des fichiers d’incidents de paiement ont été enregistrées, en hausse par rapport à 2024 (environ 900). En revanche, les désignations dans le cadre du droit au compte — 64 en 2025 — reculent légèrement, sans explication claire à ce stade.
L’IEDOM reçoit le public deux matinées par semaine sans rendez-vous pour ces démarches, souvent liées à des incidents de chèques ou à des impayés de crédit.
Enfin, l’institut poursuit sa mission d’éducation budgétaire dans le cadre de la stratégie nationale EDUCFI. Vingt-cinq actions ont été menées en 2025, touchant 540 personnes, dont 74 « publics relais » (enseignants, travailleurs sociaux, accompagnateurs d’entreprises).
Au programme : gestion d’un budget, compréhension d’un crédit, fonctionnement des services bancaires, prévention des arnaques. Un « passeport EDUCFI » est proposé aux collégiens de 4e et aux élèves de filières professionnelles, avec un questionnaire de validation à la clé.
Dans un territoire confronté à de fortes fragilités économiques, l’IEDOM avance sur plusieurs fronts. Reste à savoir si cette présence accrue suffira à répondre aux défis structurels que connaît Mayotte.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.



































