À Mayotte, une chute de 18 % de l’activité

À Mayotte, une chute de 18 % de l’activité

Avec une baisse d’activité à Mayotte estimée à 18 %, la chute est brutale, mais deux fois moins forte qu’au niveau national et bien plus faible que dans les autres Outre-mer. C’est ce que met en avant une publication de l’Insee, qui présente les premières conséquences économiques de la crise sanitaire. Détails. 

Mesures de confinement oblige, l’activité économique encaisse depuis le début du confinement une forte chute. C’est ce que confirme le point de conjoncture national publié par l’Insee, publié le 7 mai dernier : 33 % de baisse au niveau national. Un chiffre éloquent, que n’atteint toutefois pas Mayotte. Avec une évaluation de 18 % de “perte d’activité économique immédiate”, le département enregistre une chute “brutale”, mais “néanmoins deux fois moins forte qu’au niveau national et largement inférieure à ce qu’elle est dans les autres DOM – environ 28 % à La Réunion, aux Antilles et en Guyane.” 

Une baisse plus faible qui s’explique “pour l’essentiel par une structure sectorielle de l’économie très différente de celle de la métropole et même des autres Dom.” Plus en détail, “peu touchés par la crise, les services non marchands pèsent deux fois plus lourds dans le PIB mahorais. À contrario, des secteurs impactés par la crise comme l’industrie et l’hébergement-restauration sont très peu présents sur l’île. Sur le secteur marchand, l’impact estimé de cette crise sanitaire est équivalent au niveau constaté en métropole : -35 % à Mayotte contre -39 % pour le reste de la France”. Toutefois, dans ce secteur marchand, les effets sont contrastés selon l’activité. Ainsi, le BTP mahorais aurait une activité réduite de 90 % et contribuerait pour un quart à la baisse d’activité totale de 18 %, note l’organisme. Un quart, c’est aussi la part que pèse la baisse d’activité estimée dans le commerce – 54 % – qui est prépondérant dans le PIB local. Un chiffre qui, par ailleurs, “masque de fortes disparités entre des commerces non alimentaires et automobile à l’arrêt ou presque et des commerces alimentaires qui poursuivent pour la plupart leur activité pour subvenir aux besoins de la population”. 

Autre donnée indiquée par l’Insee : au 28 avril dernier, 9.900 salariés de 1.100 entreprises étaient placés en chômage partiel. Toutefois, complète l’institut, “le confinement se traduit également par un fort ralentissement des embauches ou des renouvellements de contrat. Les entreprises informelles représentent les deux tiers des entreprises à Mayotte et ne sont de fait pas incluses dans ces dispositifs d’aides”. Conséquence : “les personnes occupant un emploi informel sont donc victimes pour beaucoup d’une chute de leurs revenus.” 

Le secteur public amortit le choc 

Enfin, la forte présence du secteur public à Mayotte permet de faire tampon : “les services principalement non marchands (administrations publiques, enseignement, santé humaine, action sociale publique ou privée) jouent un rôle d’amortisseur des crises économiques dans les départements d’Outre-mer. Avec un poids de 52 % dans l’économie mahoraise contre 22 % au niveau national, ces secteurs principalement non marchands ne perdraient que 3 % de leur activité par rapport à la normale, contre 35 % dans les secteurs marchands. La prise en compte des services non marchands en comptabilité nationale retient le plus souvent l’hypothèse d’une valorisation par leurs coûts de production, principalement salariaux, ce qui les rend très inertes par nature. Le recul de l’activité y est donc moins marqué, par convention.”

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