Ramadan à Mayotte : Un mois sacré sous le signe du confinement

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À Mayotte, le grand flou artistique autour des mesures de soutien

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Flou artistique autour des arts de la scène

Les artistes et intermittents du spectacle ne peuvent, à Mayotte, prétendre au statut juridique spécifique pourtant de vigueur en métropole, du fait de l’application tardive du droit du travail dans le 101ème département. Une situation qui complique encore un peu plus l’avenir de ces professionnels, souvent écartés des décisions politiques.

 

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Ce soir se déroule la “nuit du doute” pour les fidèles musulmans. Traditionnellement, si le croissant de la nouvelle lune est observé, alors débute le mois du ramadan. Une période avant tout sacrée pour les musulmans, mais aussi ponctuée de festivités quotidiennes, rupture du jeûne en tête. Cette année toutefois, c’est un ramadan confiné qui aura lieu. De quoi bouleverser les habitudes.

La priorité ? Continuer à contenir la propagation du Covid-19 sur le territoire. Les consignes ont donc été données la semaine dernière par les responsables religieux, après concertation avec les autorités. Et répétées par les cadis lors de passages dans les médias : il n’y aura, pour le ramadan, pas d’exception pour les règles de confinement en cours. Point de prières dans les mosquées, pas plus que de grands rassemblements pour la rupture du jeûne, le foutari. C’est donc un ramadan quelque peu chamboulé par rapport à la coutume qui doit débuter, si toutefois le croissant de lune est observé ce soir, durant la “nuit du doute.”

Pour Younoussa Abaine, à la tête de la direction départementale de la cohésion sociale, dont dépendent les cadis, ce ramadan confiné est “un mal pour un bien”, une invitation à renouer avec une certaine vision de la foi. “Habituellement, les gens travaillent durant le ramadan. Or, là, la plupart seront chez eux, au sein de leurs familles”, argumente-t-il. L’intérêt pour les croyants ? “Se consacrer à la prière et lire le coran, comme cela est recommandé, mais aussi passer du temps avec sa famille, ses enfants. Ce sont des valeurs importantes, en parfait accord avec le sens du ramadan. Ce que les croyants vont perdre d’un côté à cause du confinement, ils vont le gagner d’un autre.”

Pour Zalihata, cuisinière à Mamoudzou, les règles de confinement ne vont pas changer grand-chose. Comme chaque année, sa petite affaire sera fermée durant le mois sacré, et comme chaque année, elle le fera en cercle réduit. Toutefois, elle le concède : “Ce ramadan sera particulier. Je ferai les prières à la maison, et pour les foutaris (la rupture du jeûne, NDLR), nous le faisons en général juste avec mon mari, hormis lors de quelques soirées. J’avais prévu d’inviter ma belle-famille à la maison autour d’un foutari, mais je ne prendrai pas le risque. Ça ne sera pas possible cette année, tant pis.” Et de rigoler : “Pour ce qui de la nourriture, j’ai la chance de posséder un jardin dans lequel je fais pousser des bananes, papayes, feuilles de thé et autres : en somme, ce que l’on mange tout au long du ramadan, alors le confinement ne va pas trop changer nos habitudes de ce côté-là.”

En revanche, pour d’autres, ce ramadan très spécial est regrettable, même s’il ne s’agit pas de prendre le moindre risque dans le contexte de crise sanitaire actuel. Shabani, 20 ans, est de ceux-là. Le plus dommageable pour lui ? La fermeture des mosquées. “Habituellement durant le ramadan, tout le monde va à la mosquée lorsque le muezzin appelle à la prière, même ceux qui, le reste de l’année, n’y vont pas. C’est important, car ce sont aussi des moments où nous sommes ensemble, en particulier pour la tarawih (une prière du soir exécutée quotidiennement pendant le mois de jeûne, NDLR), que l’on fait en groupe. Malheureusement, cela ne sera pas possible cette année.” Alors, pour s’adapter aux conditions, le jeune homme effectuera ses prières à domicile, seulement entouré des quelques personnes, elles aussi confinées, du foyer, “une façon de maintenir tout de même l’esprit du ramadan, qui est un moment unique pour nous”, espère-t-il. Un esprit qui sera toutefois forcément différent et qui laisse présumer, selon le jeune fidèle, de quelques difficultés, notamment lors de la rupture du jeûne, “puisqu’on invite souvent des proches qui n’ont pas beaucoup de moyens pour qu’eux aussi en profitent. Là, ça ne sera pas possible, c’est sûr”.

Et puis, en ce qui concerne les habituelles réjouissances de l’Aïd – qui pourrait être confinée en cas de prolongation des mesures sanitaires –, elles devraient, elles aussi, passer à la trappe. Zalihata nous l’explique : “Du côté de l’embellissement de la maison, il n’y aura rien cette année. Comme la plupart des Mahoraises, j’ai l’habitude de changer la peinture, de redécorer l’intérieur de la maison pour pouvoir accueillir les invités qui viendront le jour de l’Aïd, mais cette fois, ça tombe à l’eau.”

Un “effort particulier” pour limiter les risques

Si le message est admis comme évident par la plupart, il s’agit tout de même de s’assurer que d’autres ne s’affranchissent pas des règles de distanciation sociale du moment. Du côté de la préfecture, on explique donc que “pour la période du ramadan, les dispositifs de contrôles et de sécurisation de la police et de la gendarmerie nationales seront adaptés pour répondre aux spécificités de la période”. Et notamment avec “un effort particulier porté sur les créneaux nocturnes, à la fois pour faire respecter les gestes barrières et prévenir les comportements à risque sur le plan épidémique, mais également pour assurer une surveillance générale permettant de garantir la quiétude des habitants pendant cette période sacrée. Les contours du dispositif sont en cours de finalisation. Un travail partenarial avec les communes et les autorités religieuses est conduit pour limiter les situations propices à la propagation du virus”.

 

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