Ouangani : un arrêté préfectoral ordonne l’évacuation du quartier Roika

Un arrêté préfectoral signé le 23 février 2026 ordonne l’évacuation et la destruction des constructions édifiées illicitement dans le quartier Roika, dans les hauteurs de Mangajou, sur la commune d’Ouangani, à la limite de Sada. La décision s’appuie sur une série de constats sanitaires, sociaux et sécuritaires établis par les services de l’État et les forces de l’ordre.

Sur le plan sanitaire, le document décrit une population privée des réseaux essentiels. Le secteur n’est pas raccordé à l’eau potable et, selon les constats, les habitants « s’alimentent en eau soit par la rivière soit par la récupération d’eaux de pluie dans des contenants ne respectant pas les normes de stockage d’eau ». L’absence de tout système d’assainissement est également relevée, avec des latrines sommaires et des rejets directs d’eaux usées, exposant les occupants à des risques sanitaires permanents.

Les habitations, majoritairement en tôle, sont construites sans fondations ni normes de sécurité. Les rapports évoquent des risques élevés d’incendie, d’effondrement et de glissement de terrain, dans un secteur difficilement accessible pour les secours.

L’arrêté insiste également sur la situation sécuritaire du quartier. La gendarmerie indique que, lors des interventions, « les adultes prennent la fuite et laissent les jeunes enfants tout seul ». Le secteur est par ailleurs décrit par la gendarmerie comme un lieu de refuge pour des personnes recherchées : « plusieurs mis en cause étrangers recherchés par nos services trouvent refuge dans ce quartier où l’omerta règne ». Des épisodes de caillassages de patrouilles, ayant entraîné des blessés parmi les forces de l’ordre, sont également mentionnés.

Le décasage concerne 12 ménages soit 61 personnes, tandis que la Deets recense 12 places d’hébergement mobilisables.

Les occupants disposent d’un délai maximal de vingt jours pour quitter les lieux. À l’issue de ce délai, l’arrêté prévoit que l’évacuation pourra être exécutée d’office, avec le concours de la force publique. Les constructions seront ensuite détruites afin d’empêcher toute réinstallation sur le site. Un recours devant le tribunal administratif reste possible, sans effet suspensif.

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