Une prison modulaire pour accueillir 300 prisonniers d’ici deux ans

Le garde des sceaux est venu assurer le service d’urgence à la prison de Majicavo ce lundi matin. Gérald Darmanin confirme la construction d’un site modulaire de 250 à 300 places pour soulager les locaux actuels, qui accueillent 700 détenus alors qu’ils étaient conçus pour n’en recevoir que 278. Le préfet devra également accentuer le rythme des expulsions d’étrangers condamnés à Mayotte, 270 d’entre eux ayant été expulsés en 2025.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est arrivé à Mayotte ce lundi matin pour une visite éclair d’une journée. Longtemps annoncée et sans cesse reportée, cette visite a débuté très tôt, à 7 heures, par un passage au pénitencier de Majicavo-Lamir. À son arrivée, le garde des sceaux a été interpellé par des syndicalistes de la CGT qui souhaitaient s’entretenir avec lui. Leur syndicat, minoritaire au sein du personnel pénitentiaire, n’avait pas été inclus dans le programme officiel des rencontres.

« Nous appartenons à une organisation syndicale non représentative et, comme nous dénonçons tout ce qui ne va pas dans cet établissement, nous sommes mis de côté. Nous sommes empêchés de nous exprimer, et c’est po

ur cette raison que nous sommes là ce matin pour ce sit-in », expliquent-ils. Le ministre s’est engagé à les recevoir.

« Oui, nous allons être reçus tout à l’heure. On nous avait proposé de le rencontrer au SPIP à Kawéni, mais nous avons refusé. Nous préférons nous entretenir avec lui au sein de la prison. Il n’y a aucune raison de prendre la voiture pour aller là-bas alors que nous sommes ici sur notre lieu de travail », ajoutent-ils.

Les journalistes ont été tenus à l’écart des discussions entre le ministre et le personnel pénitentiaire, et le contenu de leurs échanges n’a pas été communiqué. Pour sa part, le secrétaire général de la CGT, Attoumani, dénonce les conditions de travail en interne :

« Il y a six détenus par cellule. Les mots nous manquent pour décrire la situation tellement elle est difficile. Certains agents sont sujets au burn-out. Il faudrait revoir le budget en fonction de l’effectif réel sur place et non sur la base initiale de 278 détenus. En vérité, nous avons atteint un nombre de 700 détenus, ce qui engendre des factures impayées auprès des fournisseurs de près d’un demi-million d’euros. »

Le syndicaliste précise que la SMAE est intervenue pour couper l’eau dans l’établissement. Les agents se plaignent d’être en sous-effectif pour gérer ces 700 détenus, tout en devant composer avec les absences de collègues en arrêt maladie suite à des agressions répétitives. « Il y a une semaine, l’une de nos collègues a reçu de l’urine sur elle. Nous demandons des moyens supplémentaires pour faire face à la situation réelle de Mayotte », conclut-il.

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