Une opération citoyenne pour fournir des masques à la population mahoraise

Une opération citoyenne pour fournir des masques à la population mahoraise

Quatre personnes ont lancé l’opération Solidarité Mayotte Covid-19 consistant à récolter des dons en ligne pour fournir des masques à la population mahoraise. Si cette initiative n’est pas nouvelle, elle s’inscrit dans une démarche citoyenne, sachant que son port s’annonce prochainement obligatoire, notamment dans les commerces, pour une période plus ou moins longue. 

Le nom de l’opération Solidarité Mayotte n’a aucun lien quelconque avec l’association qui vient en aide aux réfugiés. D’où la précision Covid -19 à la suite de l’appellation pour ne pas faire l’amalgame. Lancée lundi, cette initiative a pour but de venir en aide à la population mahoraise, au travers d’une cagnotte mise en ligne*. L’objectif ? Financer l’achat de masques en tissu, lavables et réutilisables, qui seront par la suite distribués gratuitement aux habitants. À sa tête : Asmah Faradji, présidente de l’association Cfam976, Zaina Ibrahim, fondatrice de l’association Mayot’ Together ainsi que Laurie et Abdillah Sousou, couple d’entrepreneurs. “Ce n’est pas la première fois qu’on mène des projets à Mayotte”, souligne la femme du karatéka, qui s’occupe de toute la partie communication de cette démarche “purement citoyenne”. L’idée de mener cette campagne ensemble pour l’île aux parfums ne prend que quelques heures. “Le 101ème département est le dernier confiné et on est en décalage par rapport à la métropole. On ne peut pas rester sans rien faire”, insiste celle, dont la belle-famille habite sur le territoire. 

Un objectif de 20.000 masques 

Après la création de la page Facebook en deux temps trois mouvements, les quatre mousquetaires se mobilisent pour activer leurs réseaux respectifs et ainsi fédérer autour d’eux. “En quatre jours, on a récolté plus de 900 euros. Une entreprise nous a fait don de 200 masques et on est en pourparlers pour en recevoir 300 autres.” Fort de sa marque de vêtements, Sousou Sportwear, le couple souhaite faire appel à certains de ses fabricants, dont quelques-uns produisent déjà des masques en métropole, pour apporter sa pierre à l’édifice. En ligne de mire : l’espoir suprême d’atteindre la barre des 20.000 protections. Un chiffre qui paraît symbolique comparé aux 450.000 dévoilées lundi par le conseil départemental et la préfecture, mais qui se justifie pour Laurie. “La durée de vie des masques est limitée à environ 25 lavages. Dans tous les cas, il en faudra énormément par habitant si on part sur un port obligatoire oscillant entre six et sept mois.” 

Si l’intention séduit sur le papier, quid de la réalité des coûts de production ? Naturellement plus élevés qu’à Madagascar où les autorités ont récemment acheté les leurs… “La situation aujourd’hui fait que les citoyens se tournent vers le local. Ça nous a paru plus logique de solliciter des entreprises françaises qui sont sensibles à notre opération.” Ainsi, les commandes de fabrication seront hebdomadaires en fonction de l’évolution du montant reçu, sachant que la cagnotte se termine le 29 mai. En plus des précieux sésames, le groupe est à la recherche de solutions hydroalcooliques. “J’ai pris contact avec une start-up parisienne qui confectionne des distributeurs de gel sans contact. Ça pourrait être sympa d’en avoir un au niveau de la barge”, espère Laurie. 

“Toute aide est la bienvenue” 

Se pose alors la question de l’acheminement… Une problématique délicate depuis l’arrêt des vols commerciaux entre l’Hexagone et le territoire. Mais pour Laurie, une solution existe, grâce au soutien d’une entreprise spécialisée dans la communication sur Mayotte et La Réunion qui s’engage à payer le transport. “Les autorités font passer des colis liés à la situation sanitaire. La société qui 

s’est portée garante a déjà importé du fret”, souligne-t-elle. “Certes, ça va être compliqué, mais ce n’est pas impossible. On reste confiants.” Sur place, la distribution revient à l’association Mayot’ Together, qui se rapproche actuellement des maires des différentes communes pour connaître les besoins des habitants en termes de masques. D’ici là, les bons samaritains peuvent d’ores et déjà proposer leur aide comme bénévoles, que ce soit pour réaliser du démarchage téléphonique auprès des entreprises ou pour filer un coup de main sur le terrain. “Toute aide est la bienvenue”, conclut Laurie. 

*https://cagnotte.me/42255-solidarite-mayotte-covid19/fr?fbclid=IwAR0WuNCubT4HDWyR06eJojBuq9GwO1GhHKav5hPz9QtzI7D9wiiI2G2F7cs

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