13/02/09 - Les médecins de Mayotte en grève lundi et mardi

13/02/09 - Les médecins de Mayotte en grève lundi et mardi
Le syndicat des médecins généralistes et celui des praticiens hospitaliers ont voté la grève pour deux jours reconductibles lundi et mardi. A l'origine de cette décision, plutôt rare chez les médecins, un litige avec l'administration fiscale qui a déclaré illégal l'avantage de 30% non imposables accordé aux médecins à Mayotte. "Toutes les branches de la fonction publique bénéficient de cet avantage, chez les militaires et les enseignants c'est 90%, la différence est que pour eux il y a une limite légale d'un certain nombre d'années alors qu'il n'y en a pas pour les médecins", précise Luc Amouroux, président du syndicat des médecins généralistes. "Certains d'entre nous sont ici depuis 15 ans, le fisc entend les redresser sur toute cette durée, cela atteint des sommes astronomiques. On nous traite comme si nous étions des fraudeurs alors que nous payons nos impôts comme tout le monde." 

D'autant que ce litige est en grande partie responsable de la pénurie complète de médecins dans l'île, si le problème ne se règle pas, beaucoup envisagent de partir et il sera difficile de les remplacer, leur statut n'étant plus attractif. Autre problème, celui des remplaçants. Au total 180 remplaçants sont venus à Mayotte l'an dernier, désormais ils vont être taxés à 25% de leurs revenus, résultat "ils ne viendront plus", prédit Luc Amouroux. "Nous ne demandons rien de plus qu'un statut fiscal équivalent à ce qui se fait dans le reste de l'Outremer. Notre statut ici n'est basé que sur des compromis verbaux, cela fait longtemps que nous demandons aux autorités de l'île de faire quelque chose mais c'est le silence complet," déplore le président du syndicat qui précise que la pénurie de médecins dans les services du conseil général (PMI) est également due à la suppression de leurs avantages. Lundi et mardi, les services de médecine des dispensaires devraient donc être fermés, à l'hôpital les médecins en grève des services d'urgence travailleront malgré tout, en service minimum.

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