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Ramlati ali : « le point de vue mahorais a pu être entendu »

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Discorde à la mairie de Mamoudzou

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Jeudi, le sénateur Hassani Abdallah (LREM), les députés Mansour Kamardine (LR), Ramlati Ali (LREM), le président du Conseil départemental Soibahadine Ibrahim Ramadani et le préfet de Mayotte, Dominique Sorain, ont rencontré la ministre des Outre-mer à Paris pour une réunion de travail centrée sur le fonctionnement du port de Longoni et l’avenir institutionnel du département. Au cours de leur déplacement, les élus mahorais ont également pu s’entretenir des relations diplomatiques avec les Comores avec des ambassadeurs africains. 

 

« On gagne toujours à expliquer l’histoire de Mayotte », estime la députée LREM de Mayotte Ramlati Ali. En déplacement à Paris avec d’autres élus mahorais en fin de semaine dernière pour rencontrer la ministre des Outre-mer Annick Girardin, la députée En Marche ! de la première circonscription de Mayotte a indiqué que ses collègues et elle avaient pu avoir, en marge de cette réunion de travail, une « rencontre très intéressante » à l’occasion de la conférence des ambassadeurs des États africains et avec le directeur de la zone Afrique, « dans la lignée » de la feuille de route France-Comores. « C’était la première fois depuis 1841 (date à laquelle Mayotte a été vendue à la France ndlr) que les élus mahorais rencontraient les ambassadeurs des pays africains », indique l’élue, qui se félicite de cette rencontre où les relations diplomatiques franco-comoriennes ont été évoquées. Face aux élus mahorais, une cinquantaine d’ambassadeurs des pays africains, dont certains soutiennent les revendications des Comores à Mayotte étaient présents. « À chaque fois, (les représentants des pays africains) entendent le point de vue comorien sur la situation, il fallait aussi qu’ils entendent le nôtre », estime l’élue. 

 

Contourner les procès en néocolonialisme 

 

Les responsables politiques mahorais, plus proches du terrain et fin connaisseurs de l’histoire de leur île, apparaissent aussi plus légitimes pour évoquer la question de la départementalisation devant des responsables étrangers. Autre avantage des élus mahorais sur d’autres représentants de l’État français, ils sont peu susceptibles d’être taxés de néocolonialisme par leurs interlocuteurs, fait valoir Ramlati Ali. Pour rappel, le président comorien, Azali Assoumani réaffirmait encore, le 9 août dernier, les revendications comoriennes sur le 101ème département français. Évoquant le référendum constitutionnel du 30 juillet qui est venu renforcer ses pouvoirs et qui lui permet désormais de briguer deux mandats consécutifs de cinq ans, le président Azali a déclaré mi-août que « tous les problèmes que nous avons eus dans ce référendum, leur seule cause reste notre opposition aux expulsions de Comoriens de leur propre pays, l’île de Mayotte. Et nous ne céderons pas. Je veux que ce pays se développe sans l’ancienne puissance coloniale… » Face à la crise diplomatique, les élus mahorais ont la volonté d’être associés au processus de diplomatie. La prochaine étape ? « Il faudrait que nous puissions rencontrer directement les chefs d’État africains qui seraient hostiles à ce que Mayotte reste française », espère la députée Ramlati Ali. 

 

Une collectivité unique, des compétences à clarifier 

 

À l’occasion de leur visite, les élus et le président du Conseil départemental ont rencontré la ministre des Outre-Mer Annick Girardin pour une réunion de travail consacrée à l’organisation du port de Longoni, à sa DSP (Délégation de service public), et à la question de l’évolution institutionnelle du 101ème département. Des questions institutionnelles que les derniers blocages avaient un peu laissées au second plan. »Concrètement, Mayotte est la première collectivité unique qui est censée représenter le département et la région », résume la députée Ramlati Ali. Or, « nous sommes arrivés sur (ce modèle) sans nous y préparer », regrette-t-elle, déplorant un flou sur la répartition des compétences entre la région et le département, ainsi que sur les budgets afférents. « L’évolution institutionnelle que le président (du Conseil départemental ndlr) appelle de ses vœux et que je soutiens, c’est qu’il faut qu’on évalue ce qui est fait, en termes d’obligations et de moyens ». Selon le président Soibahadine cité par nos confrères du Journal de Mayotte, à cet égard, « une lettre de mission sera confiée à un émissaire du ministère des Outre-Mer, qui rencontrera les forces vives du territoire. Ils devront s’exprimer sur l’avenir économique, social, culturel et environnemental de Mayotte. L’envoyé devra définir les outils juridiques et financiers nécessaires pour les mettre en oeuvre. Il faut clarifier les compétences et les ressources de Mayotte ».

 

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