Déchetteries mobiles en Petite-Terre : trois mois d’efforts payants pour les services intercommunaux

Plus que deux opérations restent à réaliser à Labattoir dans le cadre du déploiement des déchetteries mobiles en Petite-Terre. La reprise de ces déchetteries mobiles, conjuguée aux opérations exceptionnelles de collecte, aura été un remarquable succès. Le concours de plusieurs sociétés locales, qui ont mis gratuitement à disposition leurs camions-bennes, a constitué l’une des clés de cette réussite. Un effort accru de sensibilisation du public est envisagé dans les semaines et mois à venir, sans doute avec la participation des services de l’Éducation nationale.

De multiples partenariats ont été nécessaires pour assurer une collecte optimale des déchets sur le territoire de l’intercommunalité de Petite-Terre. Pour y parvenir, la direction de l’environnement et les services techniques de l’ICPT, les communes de Pamandzi et de Labattoir, ainsi que le SIDEVAM, conjuguent régulièrement leurs efforts afin de garantir la propreté des deux territoires concernés.

Le sujet est particulièrement complexe à traiter en temps ordinaire, et plus encore depuis le passage du cyclone Chido, qui a considérablement augmenté à la fois les volumes et la diversité des déchets à collecter, parfois dans des zones très difficiles d’accès. Dans ce contexte, les services de l’ICPT ont mené une série d’opérations de nettoyage et de collectes exceptionnelles, en complément de la reprise des déchetteries mobiles « classiques » relevant de la délégation de compétence déchets au SIDEVAM, de novembre 2025 à avril 2026.

Outre la reprise des deux rendez-vous mensuels réguliers dans les communes, des opérations ciblées, combinant déchetterie mobile et mobilisation des services techniques, ont été organisées sur plusieurs sites : La Vigie (antenne), La Vigie (station de lavage), Petit Moya, rue du Jardin, parking du marché de Labattoir, CETAM, Grand Moya, etc. Elles ont bénéficié d’un soutien exceptionnel d’entreprises locales — Maoré Territoire (éco-organisme et planification), Mava (opérations sur site), Colas et ETPC — qui ont toutes mis gratuitement à disposition leurs camions-bennes.

« Ces opérations sont de trois types distincts : les opérations classiques de nettoyage relevant des compétences des communes, les déchetteries mobiles qui permettent la collecte de ferraille et d’appareils électriques usagés, et le traitement des dépôts sauvages, notamment les carcasses de véhicules », détaille Houzaïra Boina, directrice du service environnement, biodiversité et SPANC à l’ICPT.

Contrairement aux opérations menées avant le passage du cyclone Chido, les collectes de 2025-2026 présentent une particularité : une partie d’entre elles n’a pas nécessité de transfert immédiat vers la Grande-Terre. Grâce à la mobilisation des acteurs locaux, la collecte, le tri et le stockage ont pu être réalisés sur l’espace intercommunal, notamment sur le site « TDF » aux Badamiers. Habituellement, la double insularité impose un transfert rapide des déchets vers la Grande-Terre, ce qui limite les volumes collectés. Désormais, ces transferts sont effectués de manière différée.

Ces opérations se sont déroulées sur une période de trois mois (janvier, février et mars). De nouvelles dates pour les déchetteries mobiles ont été annoncées conjointement avec le SIDEVAM en avril 2026, notamment pour le samedi suivant sur la commune de Dzaoudzi-Labattoir.

Au total, ces trois mois d’évacuation exceptionnelle des déchets ont mobilisé 12 bennes et permis la collecte de 180 m³ de déchets, auxquels s’ajoutent 80 m³ de déchets métalliques hors collecte habituelle du SIDEVAM.

« Nous avons opéré sur les points de collecte définis par les communes dans le cadre du tracé du SIDEVAM, mais pas uniquement. Les actes d’incivilité étant très nombreux en Petite-Terre, nous avons dû faire face à de nombreux dépôts sauvages, ce qui nous a contraints à adapter notre dispositif pour y répondre efficacement », précise Houzaïra Boina.

À ce jour, la communauté de communes de Petite-Terre estime être parvenue à résorber la quasi-totalité des déchets générés par le cyclone Chido, à l’exception d’un dépôt de ferraille situé rue du Jardin à Pamandzi, qui doit encore être transféré vers la Grande-Terre.

Houzaïra Boina considère d’ores et déjà cette opération — bien que non totalement achevée — comme une réussite. Elle souligne également l’efficacité de la communication menée par les services intercommunaux sur les réseaux sociaux. Une mobilisation renforcée du personnel est actuellement à l’étude afin d’intensifier la sensibilisation des citoyens aux enjeux de la protection de la biodiversité et à l’impact des déchets sur l’environnement. L’objectif est d’apporter une sensibilisation de proximité et de donner aux habitants les outils nécessaires pour préserver leur cadre de vie et gérer efficacement leurs déchets.

L’ICPT compte notamment sur le concours de l’Éducation nationale pour toucher un maximum de scolaires.

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