Fatima Bacar : « Mayotte a besoin de ses enfants »

Sourire franc, rouge à lèvres rouge, Fatima Bacar parle avec calme, mais sans détour. À 45 ans, mère de trois enfants, elle est devenue en novembre 2025 directrice adjointe de Star Mayotte et Star Urahafu, une filiale de Suez qui gère le traitement des déchets. Vingt ans après son arrivée dans l’entreprise, elle continue d’avancer avec la même idée en tête : faire sa part, convaincue que le développement de Mayotte passe aussi par l’engagement de ses propres enfants.

Flash Infos : Comment avez-vous commencé, et comment en êtes-vous arrivée là aujourd’hui ?

Fatima Bacar : J’ai fait mon collège et mon lycée à Mayotte, à Doujani puis à Mamoudzou. Après le bac, je suis partie en métropole. J’ai fait un BTS comptabilité, puis une licence que je n’ai pas pu terminer pour des raisons personnelles. Je suis rentrée à Mayotte en 2005.

À mon retour, j’ai fait des petits boulots, dans des mairies, dans des écoles. Et puis, en décembre 2005, j’ai intégré Star Mayotte comme assistante d’exploitation. C’était à l’époque où l’entreprise mettait en place le marché de la collecte des ordures ménagères. Il y avait tout à construire.

J’arrivais avec un bac +2 en compta-gestion et une licence non validée. Je n’avais pas forcément vocation à travailler dans le milieu des déchets. Mais l’offre est arrivée, et je me suis dit que ça participait aussi au développement de l’île. À l’époque, on ne parlait pas autant des déchets qu’aujourd’hui. Je me suis dit : “On y va, on verra bien.” Et finalement, vingt ans après, je suis toujours là.

F.I. : Comment s’est passée cette entrée dans un milieu très masculin ?

F.B. : C’était pas simple au début. Quand je suis passée attachée d’exploitation, en 2008, j’avais une équipe de six personnes, six hommes. Je gérais les déchets non dangereux et dangereux, avec toute la partie planification, management, relation client. Et clairement, au départ, les gars se disaient : “Elle ne connaît pas, elle ne connaît rien, qu’est-ce qu’elle va nous apprendre ?”

Mais à force, quand tu mets la main à la pâte, quand ils voient que toi aussi tu es dedans, que tu n’es pas juste là à regarder mais que tu es dans le cambouis, les choses changent. À un moment, ils se sont posé la question, et ils se sont dit qu’ils s’étaient peut-être trompés. C’est comme ça que j’ai commencé à gagner leur confiance.

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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