Une journée sur l’îlot de toutes les spéculations, une part de réalité sur les haltes de migrants africains et comoriens et une forte dose d’idées reçues. Ce bout de terre perdu au milieu de la mer, avant-poste naturel sur la principale passe conduisant au lagon, n’est pas l’espace militarisé que laissent croire les autorités comoriennes. Malgré son apparence aride, un semblant de vie y est présent : des migrants africains en attente d’un rapatriement vers Dzaoudzi par la police aux frontières, mais aussi des travailleurs agricoles clandestins vivant sur place dans le plus grand dénuement, temporairement ou tout au long de l’année.
Sujet de cristallisation entre une majorité de la population (très hostile), qui agite la crainte d’une perte à court terme de son âme identitaire, et une minorité qui défend un melting-pot en s’appuyant sur les valeurs universelles d’une République française accueillante et absorbant « toute la misère du monde », l’immigration illégale à Mayotte n’a pas fini d’engendrer la controverse. Au fil du temps, chaque camp renforce son retranchement, telle une garnison de l’armée romaine dans un péplum.
Le paradoxe est qu’il n’est toujours pas question de tirer les véritables enseignements du vécu de ces vingt dernières années, positifs comme négatifs. Le politique pousse le cynisme jusqu’à faire de Mayotte un territoire de…
Journaliste politique & économique




































