Les chauffeurs de taxi mahorais attendent des garanties

Les chauffeurs de taxi mahorais attendent des garanties

Les chauffeurs de taxi font partie des professions autorisées à exercer leur métier durant le confinement. Mais pour les taximen, cette dérogation est un cadeau empoisonné puisqu’aucune règle concrète ne régit leurs conditions de travail.

“Nous roulons, mais les clients ne sont pas là.” Mohamed Abdoul-Haffour, président du syndicat des taximen de Petite-Terre, résume en quelques mots la situation que vivent les chauffeurs de taxi depuis le début du confinement. Selon un arrêté préfectoral datant du 17 mars, “les taxis peuvent continuer d’exercer pleinement leurs fonctions”, mais ils doivent respecter les mesures de sécurité et d’hygiène imposées. Cependant, aucun moyen n’est mis à leur disposition afin qu’ils puissent se protéger. “Chacun se débrouille pour trouver des masques et des gants”, indique Denis Schoumacher directeur de la coopérative Taxi Vanille. Quant à la distance d’un mètre entre chaque individu… “Pour l’instant, personne ne respecte cette règle dans les voitures”, informe Mohamed Abdoul-Haffour, car il est difficile de l’appliquer dans un si petit habitacle. Pour y remédier, il faudrait que chaque taxi réduise considérablement le nombre de passagers par voyage. Les chauffeurs proposent de ne prendre qu’une personne dans les voitures 5 places et 3 à 4 voyageurs pour celles de 9 places. “Nous ne sommes pas opposés à cette idée, bien au contraire. Et dans ce cas, le client devra payer toutes les autres places”, précise Salama Ramia, directrice développement économique à la chambre des métiers et de l’artisanat. Mais les professionnels restent dubitatifs puisqu’aucun décret ne régit cette proposition. “Nous avons besoin d’un écrit du préfet qui prouve au client qu’il doit payer toutes les places parce que si ce n’est pas justifié par un écrit préfectoral il nous prendra pour des voleurs”, explique Mohamed Abdoul-Haffour.

“On roule à perte !”

Il va sans dire que cette situation a d’ores et déjà des répercussions sur la santé financière des chauffeurs de taxi. “Certains d’entre nous n’arrivent même pas à gagner assez d’argent pour mettre le carburant à la fin de la journée. Moi je survis à peine. Ma voiture nécessite 30 euros de carburant par jour et aujourd’hui je n’ai obtenu que 32 euros. On roule à perte”, raconte le président du syndicat des taximen de Petite-Terre. Alors, une grande majorité d’entre eux a décidé de ne plus travailler afin d’amortir les dégâts. La coopérative Taxi Vanille nous a informé que sur leurs 70 chauffeurs, seuls 30 travaillent encore. Et la question d’une éventuelle compensation financière reste encore floue. “Les chauffeurs de taxi n’ont aucune garantie. Ils ont un statut d’artisan, et pour espérer une éventuelle aide, ils doivent se fier aux dispositifs annoncés par le président pour les chefs d’entreprises. Mais certains puisent déjà dans leur fortune personnelle et je ne vois pas comment ils pourraient avoir de compensation”, s’inquiète encore Denis Schoumacher. Dans l’attente d’une meilleure solution, certains syndicats proposent d’appliquer les tarifs des jours fériés durant les semaines de confinement. Une mesure qui devra là encore être confirmée par la préfecture.

 

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