La Croix Rouge en quête de dons

La Croix Rouge en quête de dons

Les journées nationales de la Croix-Rouge ont débuté ce week-end à Mayotte, après avoir été annulées en 2018 à cause des mouvements sociaux. Une vaste levée de fonds menée chaque année dans toutes les délégations territoriales de France sera reconduite les 25 et 26 mai dans le 101ème département, où les besoins sont toujours plus nombreux. Président de l'antenne mahoraise de la Croix-Rouge, Yassine Boinali fait le point.

 

Flash Infos : Comment la population peut-elle vous soutenir pendant ces journées nationales ?

Yassine Boinali : La première solution, c'est de se rapprocher de nos différents quêteurs. Nous avons mobilisé une centaine de salariés et de bénévoles, déployés essentiellement sur la zone de Mamoudzou : dans les stations-services, les magasins Sodifram et Sodicash, au centre commercial Baobab, à la barge, à l'aéroport... Tous nos quêteurs sont reconnaissables à leurs tenues de la Croix-Rouge. Mais il faut faire attention car il y a toujours des gens mal intentionnés qui peuvent se faire passer pour un de nos bénévoles. Nos quêteurs ont tous une carte nominative tamponnée par la préfecture, alors il ne faut pas hésiter à demander à la voir. On peut aussi donner en ligne via le site de la Croix-Rouge, ou nous appeler, passer dans nos bureaux... Dans le cadre des Journées nationales, on appelle aux dons monétaires, mais rien n'empêche de donner des vêtements par exemple, comme durant le reste de l'année.

FI : Quelles actions financera l'argent récolté ?

YB : Depuis 2017, l'année où nous avons récolté le plus de dons, avec un total de 3.000 euros, nous avons décidé de tourner cette quête vers la formation du grand public, particulièrement en matière d'initiation aux premiers secours, comme nous le faisons avec l'opération "caravane du secourisme" qui fait le tour de l'île pour pouvoir initier la population aux gestes qui sauvent et aller dans les établissements scolaires pour sensibiliser les jeunes. On a encore du mal à trouver des financements pour pouvoir former gratuitement le public, alors que ce besoin est toujours présent, d'autant plus que la population de Mayotte ne cesse d'augmenter. Un autre problème, c'est qu'une partie des habitants vit dans des quartiers défavorisés et très difficile d'accès pour un véhicule de secours quand une intervention est nécessaire. Donc l'idée, c'est de pouvoir former ces personnes-là aux gestes de premiers secours pour augmenter les chances de survie des victimes, ce qui évidemment ne peut être que bénéfique pour toutes ces familles et ces enfants.

FI : La Croix-Rouge connaît-elle d'autres freins spécifiques au territoire ?

YB : Oui, tout à fait. Malgré le fait que nous soyons une association d'aide humanitaire reconnue d'utilité publique, on est un peu pris à partie sur le problème de l'immigration. La population considère qu'on fait partie des organismes qui favorisent le flux migratoire et qui aident les migrants, alors que cela n'entre pas du tout dans nos objectifs. Nous, on intervient auprès de la population quelle qu'elle soit, qu'elles que soient les origines et l'identité des personnes. Ce que nous on voit, ce sont des êtres humains.

FI : Quels sont vos principaux champs d'action à Mayotte ?

YB : D'une manière générale, le volet secourisme prend beaucoup d'ampleur. Concernant l'action sociale, on travaille avec des éducateurs et les collectivités pour intervenir dans certains quartiers et y mettre en place des équipes de prévention spécialisées, comme récemment à Koungou et Dembéni. Aussi, on coordonne le dispositif d'hébergement d'urgence avec différents partenaires. Puis il y a ce gros volet de l'aide alimentaire qui prend de l'importance au fil des années. On sait qu'une grande partie de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, les besoins sont là, et on a beaucoup de personnes qui sont orientées vers la Croix-Rouge par les centres communaux d'action sociale (CCAS), les assistants sociaux, la protection maternelle et infantile... Nous ne choisissons pas nous-mêmes à qui nous distribuons des bons alimentaires, tous les bénéficiaires nous sont envoyés par ces différents organismes.

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