Expulsions “On ne voit pas l’issue”

Expulsions “On ne voit pas l’issue”

Mais rapidement les réseaux sociaux ont bouillonné en apprenant cela : un collectif de Mtsapérois est venu sur le terre-plein et des pneus usagers ont été mis en tas auquel le collectif a mis le feu pour exprimer son mécontentement.

En entendant cela, les décasés, Comoriens en situation régulière avec des cartes de séjour, qui avaient commencé à monter dans des transports en sont redescendus. Des rumeurs persistent à expliquer sur les réseaux sociaux que telle ou telle commune va accueillir les malheureux.

Mais aucune collectivité, ni les municipalités, ni le Département ne souhaitent prendre le risque politique de faire ce geste de solidarité et les capacités d’hébergement d’urgence pour un si grand nombre de personnes sont difficiles à trouver hors des collectivités.

L’État reste dans une impasse, car ces familles ne sont pas expulsables du point de vue du droit. En cause, la distribution de cartes de séjour et les renouvellements opérés en masse depuis ces 5 dernières années. En décembre 2012 par exemple, Thomas D égos le préfet d’alors, avait admis lors d’une interview, 3000 régularisations durant l’année pour un total de 30 000 à 40 000 étrangers en situation régulière.

Or les régularisations se sont accélérées suite à cela, plusieurs milliers chaque année, à la demande du ministre de l’Intérieur de 2012, Manuel Valls, et les conditions d’obtention des cartes de séjour se sont assouplies à la demande du Défenseur des droits, mais pas celles de sorties du territoire mahorais qui reste un parcours du combattant pour un étranger régulier, le tout provoquant cette situation inextricable.

Du côté des commerçants, le grand marché de Mamoudzou est resté fermé ce mardi, mais cette journée de travail chômée forcée fait des mécontents. Certains commerçants envisagent désormais d’expulser les décasés de la place de la République, si l’État ne fait rien. Aux dernières nouvelles, la préfecture envisage cependant de demander aux maires d’héberger les décasés dans leurs communes d’origine pour rescolariser les enfants. Tandis qu’un rassemblement de femmes se montait spontanément devant le gymnase de Pamandzi pour protester contre un possible relogement des décasés sur place.

Adrien Theilleux

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