Les forces de l’ordre, aussi, s’organisent

Les forces de l’ordre, aussi, s’organisent

La préfecture prend ses dispositions. Le Rectorat et le CHM aussi. Mais quid des services de police et de gendarmerie, qui chaque jour, interviennent auprès du public, alors que le risque de propagation du Coronavirus à Mayotte grossit ?

Elles sont sur le pied de guerre, et le seront d’autant plus en en cas d’une propagation du Covid-19 à Mayotte. Mais en attendant d’en arriver là, les services de police et de gendarmerie s’organisent à tous les niveaux. Pour les forces de l’ordre, pas de confinement, mais beaucoup de précaution. “Pour l’instant, on est dans le préventif, mais on travaille tout de même au contact de populations qui peuvent être à risque”, commente le lieutenant-colonel de gendarmerie François Bisquert. Ainsi, tous les effectifs ont été sensibilisés quant aux symptômes du Coronavirus, et sont tenus de signaler à l’ARS, aux pompiers ou à l’hôpital tous cas suspects auxquels ils pourraient être confrontés lors de leur travail de terrain, et ce, quel qu’il soit.

Concernant le terrain justement, aucune mesure supplémentaire n’a pour l’heure été annoncée concernant les violences urbaines. Car si les jeunes doivent supposément étudier depuis chez eux pour les semaines à venir, fort est à parier que la fermeture des établissements scolaires encourage une certaine oisiveté, propice aux débordements violents entre bandes, comme en ont été témoins les vacances de février. “Nous n’allons pas vérifier que chaque collégien et lycéen est bel et bien en train de travailler devant son ordinateur !”, plaisante encore le lieutenant de gendarmerie. “Mais on veillera néanmoins au respect des couvre-feux dans les communes où il a été décrété depuis la fin d’année dernière”, à savoir Pamandzi, Koungou, Dembéni, Tsararano ou Sada notamment, où la circulation des mineurs non accompagnés est interdite passées 18 heures.

En revanche, les escadrons interviendront auprès des restaurateurs et commerçants concernés par l’arrêté préfectoral de fermeture des lieux publics, afin de s’assurer que celui-ci est bien respecté. “Avant de verbaliser, on montrera d’abord l’arrêté aux chefs d’établissements restés ouverts, avec une part de prévention et de bienveillance”, assure la gendarmerie. “Une fois que l’on aura prévenu, on verbalisera avec une amende s’il le faut, puisque ne pas respecter l’arrêté relève de l’infraction.”

Prévoir les stocks sanitaires et les relèves

Par ailleurs, tous les escadrons assurent certaines missions – notamment auprès des étrangers en situation irrégulière ou dans le cadre des enquêtes judiciaires – en étant équipés de gants en latex et de masques de protection afin de ne pas véhiculer eux-mêmes le virus. Et dans cette configuration, la menace d’une pénurie semble minime. “La direction générale est en train de prévoir un nouvel envoi”, dévoile encore la gendarmerie. “Si les stocks baissent trop vite, on pourra en recevoir depuis La Réunion.” Pas de risque, a priori, de ce côté-là donc.

Pas de panique non plus concernant la relève des escadrons mobiles, qui, théoriquement, tournent tous les trois mois. En cas de suspension totale du trafic aérien, les effectifs déjà déployés à Mayotte verront leurs missions rallongées autant de temps que nécessaire. “Un escadron de Grasse qui devait partir aux Antilles a été placé en quarantaine”, cite à titre d’exemple le lieutenant-colonel Bisquert.

“Notre direction est déjà en train de voir pour réorganiser ses effectifs.” Les forces de l’ordre ne devraient donc pas, en théorie, être prises de court. Une nouvelle bienvenue au vu du climat général.

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