Le collectif intersyndical de Mayotte lance un cri d’appel

Le collectif intersyndical de Mayotte lance un cri d’appel

Le collectif intersyndical de Mayotte avait donné rendez-vous aux Mahorais dans la soirée du dimanche 22 mars pour un Facebook live. L’objectif était de faire le point sur la crise Covid-19. Et comme à l’accoutumée, ils ont pointé du doigt les nombreuses failles de la gestion de crise par les autorités locales.

Estelle Youssouffa et Salim Nahouda se sont adressés aux internautes pendant plus d’une heure, en français et en mahorais, se faisant les porte-paroles d’une population inquiète par la propagation du Covid-19. Si durant les premières minutes ils ont rappelé les consignes d’hygiène et de sécurité, et ont demandé le respect des règles du confinement, très rapidement ils ont abordé les sujets polémiques. Estelle Youssouffa a révélé les foyers de l’épidémie à Mayotte, alors que la directrice générale de l’ARS a jusqu’alors tout mis en œuvre pour les garder anonymes. “Les foyers les plus importants à Mayotte sont Nyambadao et Bandrélé”, a-t-elle annoncé, confirmant les rumeurs qui couraient depuis quelques jours. Elle a expliqué que l’un de malades est un candidat à l’élection municipale qui a participé à des meetings. “On avait dit qu’il fallait lever le pied sur la campagne électorale et les meetings mais on ne nous a pas écoutés”, a relaté Estelle Youssouffa. Les deux représentants ont également évoqué une situation qui est dénoncée par de nombreux habitants sur les réseaux sociaux depuis des jours. “On a des informations selon lesquelles des candidats seraient en train de faire campagne actuellement. C’est complètement alarmant et irresponsable !”

Une demande d’aides non réaliste

Le collectif des citoyens de Mayotte a récemment écrit au président de la République afin de demander des équipements médicaux et des renforts de la sécurité civile. Le collectif a demandé la même chose que le député Mansour Kamardine, soit un navire-hôpital et un hôpital de campagne pour Mayotte. Mais, les membres du collectif sont réalistes et savent qu’il est peu probable que leur demande soient satisfaite. “La réponse de Paris est a priori non. La métropole est au bord de la catastrophe sanitaire alors il ne faut pas s’attendre à des secours imaginaires pour nous”, a précisé Estelle Youssouffa. Les autorités locales sont donc sollicitées afin qu’ils prennent leurs responsabilités. “Le conseil départemental, vous avez de l’argent alors utilisez-le. Achetez des masques !”, a déclaré Estelle Youssouffa.

Les deux protagonistes du collectif ont également préconisé un durcissement des règles de confinement. Ils ont évoqué l’idée d’un couvre-feu dans chaque commune, comme c’est déjà le cas dans certaines villes métropolitaines.

Depuis la fin de la semaine dernière, le syndicat départemental d’Alternative Police dénonçait une décision de leur hiérarchie qui leur interdisait de verbaliser les personnes qui ne respectaient pas le confinement. Une décision qui viserait à protéger certains élus qui continuent à faire campagne ou à circuler normalement. Il va s’en dire que le collectif des citoyens de Mayotte a également pointé du doigt cette pratique et a exigé un changement de stratégie. “En métropole, les personnes qui ne respectent pas le confinement sont verbalisées. Pourquoi ce n’est pas fait là-bas ? Nous espérons que les autorités locales donneront l’autorisation de verbaliser” , a lancé Salim Nahouda. Cependant, ce problème semble être résolu depuis ce lundi. Les gendarmes et policiers sont désormais autorisés à donner une amende de 135 euros aux réfractaires.

La gestion des kwassas, un éternel combat

Des kwassas en provenance des Comores sont arrivés à Mayotte la semaine dernière. Parmi eux, des kwassas sanitaires. La question de ces kwassas a beaucoup été évoquée dans les commentaires par les internautes. Mais étonnement, lors de ce Facebook live, le sujet a été survolé. Ni Estelle Youssouffa ni Salim Nahouda ne s’y sont attardés. “On est d’accord que la question des kwassas est problématique. Les Comores envoient leurs malades à Mayotte”, a indiqué Estelle Youssouffa en insinuant qu’il y a des cas de Coronavirus dans l’archipel qui sont passés sous silence. Cependant, le porte-parole du collectif des citoyens de Mayotte, Saïd Mouhoudhoiri, avait déjà dénoncé l’arrivée de ces kwassas, au micro de nos confrères de Mayotte la 1ère. “Nous sommes surpris qu’il y ait encore des kwassas qui entrent à Mayotte alors que le préfet avait dit qu’il allait les renvoyer depuis la mer. Maintenant, nous lui demandons qu’il le fasse réellement.” Pour rappel, selon le porte-parole du collectif, quatre bateaux illégaux ont accosté les plages mahoraises depuis le début du confinement.

 

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