À la conquête d’un enseignement 2.0

À la conquête d’un enseignement 2.0

L’arrivée du Coronavirus à Mayotte a eu des effets immédiats à Madagascar, où le gouvernement voisin décidait dimanche 15 de suspendre les liaisons avec la France, Mayotte comprise, deux jours après. Sur place, les Mahorais présents ont donc vu leur planning chamboulé. L’un d’entre eux, en déplacement à Tananarive, nous raconte ces quelques jours d’inquiétude avant son retour.

Flash Infos : Franco, vous étiez en séjour à Tananarive, avec un retour initialement prévu le mardi 17 au matin. Comment avez-vous appris la nouvelle ?

Franco : Après l’annonce du gouvernement malgache, je me suis rendu à l’aéroport, où l’on m’a assuré qu’il n’y aurait pas de problème pour mon vol. Puis, j’ai finalement appris lundi soir par mail et SMS que mon vol du lendemain matin était annulé par Air Madagascar, mais sans autre date précise pour le retour. On nous a dit qu’on nous tiendrait au courant. Sur place, la rumeur courrait que le dernier vol serait pour le jeudi et que toutes les liaisons seraient suspendues au moins 30 jours. Autant dire que cela mettait la pression. Dès le lendemain matin, je me suis donc rendu à l’ambassade de France, qui a noté mon contact et ceux des personnes dans le même cas que moi. Il faut d’ailleurs souligner leur efficacité et leur rapidité : ils ont été extrêmement efficaces malgré le monde qui était présent, une quarantaine de personne à ce moment-là. Cela a pris un quart d'heure seulement. Et ils nous ont dit que, dans le pire des cas, c’est-à-dire si on ne pouvait pas partir, ils pourraient aider les gens, prendre en charge une partie du coût de ce séjour forcé. Dès lors, je suis retourné à mon hôtel, non pas me confiner, car il n’y a pas ces mesures là-bas, mais m’isoler un peu, manger dans ma chambre, etc.

FI : Finalement, comment votre retour s’est-il organisé ?

Franco : Mercredi matin, le lendemain donc, j’ai reçu un SMS d’Air Madagascar à 8h50 pour me dire qu’il fallait être à l’aéroport 10 minutes plus tard pour rentrer à Mayotte. Ni une ni deux, j’ai rangé mes affaires, payé l’hôtel et j’ai sauté dans un taxi. Sur place, il y avait un avion d’Air Austral sur lequel Air Madagascar nous avait, je suppose en tout cas, reporté. L’appareil devait être occupé à un quart de sa capacité à peu près. En tout cas, il s’agissait a priori que d’habitants de Mayotte ou de Malgaches, et non de personnes ayant transité par la métropole.

FI : Comment est perçue la crise du Coronavirus à Madagascar ?

Franco : Les gens en parlaient un peu, mais sans plus. C’est normal, car il n’y a pas encore de cas là-bas. Ou alors ils ne sont pas connus... Donc il n’y a pas de mesures particulières, pas d’écoles fermées, pas de confinement. Les gens sortent, vont en boîte, la vie continue normalement. En tout cas, cela m’aura permis d’acheter des masques, puisqu’ils en vendent partout pour se préserver de la pollution de la capitale.

 

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