Mayotte se confine, la LIC marque une pause

Mayotte se confine, la LIC marque une pause

Alors que le préfet de Mayotte a décidé ce mardi de fermer le centre de rétention administrative, synonyme d’un arrêt des reconduites à la frontière, Solidarité Mayotte qui intervient tant dans le centre qu’auprès des demandeurs d’asile à l’extérieur s’organise pour assurer un minimum d’assistance.

Le Coronavirus n’en finit pas de bouleverser le territoire. Mais “à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles”, comme le répète à l’envi les différents responsables politiques et administratifs. La fermeture du centre de rétention administrative figure au rang de ces mesures prises en cette période de crise. Et vient directement faire écho à l’annonce, lundi par le président de la République, de la fermeture des frontières de l’Union européenne. Concrètement, qui dit fermeture du CRA, dit arrêt jusqu’à nouvel ordre des expulsions de personnes en situation irrégulière. Même si la préfecture ne compte pas totalement rendre les armes en matière de lutte contre l’immigration clandestine. “Nous allons densifier la lutte en mer. Tout le potentiel disponible sera mis à disposition en ce sens. Nous allons également demander que d’autres moyens soient utilisés au large pour dissuader les arrivées sur Mayotte”, assure le préfet, Jean-François Colombet, martelant que “tous les kwassas qui seront détectés seront refoulés, et non pas interceptés comme c’était le cas jusqu’à présent” À terre, “les opérations d’interpellation classiques sont réorientées vers d’une part, le contrôle des mesures de limitation de la propagation du virus, et d’autre part, les missions de travail en profondeur contre l’immigration clandestine (travail illégal, vente à la sauvette, cultures illégales)”, détaille par ailleurs un communiqué de son administration. En clair, la préfecture marque une pause quant aux opérations de contrôle visant à reconduire à la frontière les personnes en situation irrégulière. Par ailleurs, les titres de séjours arrivant à échéance dans les jours à venir seront automatiquement renouvelés pour trois mois.

Recentrage sur les services d’urgence chez Solidarité Mayotte

“C’est une mesure assez logique au vu de l’annonce du président de fermetures des frontières et du risque de propagation du virus”, réagit Romain Reille, le directeur de Solidarité Mayotte. Presque une bonne nouvelle pour l’association qui en temps normal croule littéralement sous les demandes d’assistance. “Nous allons continuer notre activité en nous recentrant sur les services les plus urgents tels que la distribution alimentaire auprès des demandeurs d’asile, car ils sont complètement dépendants de cela pour subsister”, indique encore le directeur de l’association. Les centres d’hébergement d’urgence continueront également à accueillir du public. “Nous nous organisons avec la préfecture et la DJSCS pour permettre un fonctionnement restreint, mais efficace de ces fonctions indispensables pour les plus démunis”, poursuit Romain Reille en pleine réorganisation. “L’objectif est de rester le plus efficace sur les situations d’urgence, mais il est clair que l’épidémie affecte profondément nos missions, notamment sur le volet accueil social puisque dix salariés (sur 38) sont déjà absents pour diverses raisons”, précise-t-il. Restrictions dans les déplacements, mise sous quatorzaine du fait d’un retour sur le territoire, etc. Les raisons sont multiples pour expliquer le fait que l’association ne tourne plus que bas régime. “Mais on continue, on continuera d’être là pour ceux qui en ont besoin dans l’urgence", promet le directeur de Solidarité Mayotte. Bien décidé à ne pas faire mentir le nom de l'association.

 

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