Ce qu'il attend de 2020: Younoussa Abaine, directeur de la médiation et de la cohésion sociale au Conseil départemental

Ce qu'il attend de 2020: Younoussa Abaine, directeur de la médiation et de la cohésion sociale au Conseil départemental

À l’occasion de cette nouvelle année, le directeur de la cohésion sociale au Conseil départemental, Younoussa Abaine, expose les nouvelles résolutions de son service dans sa lutte contre la violence et la délinquance des jeunes. Pour lui, le rôle de la religion reste central pour une meilleure cohésion. 

Mayotte Hebdo : Quels sont les changements attendus pour cette année 2020 ?

Younoussa Abaine : Nous avons à ce jour un plan plus rigoureux qui nous permettra de mener des actions très concrètes sur plusieurs chantiers grâce à des partenariats avec certaines communes pour légitimer nos actions. Cette année je peux dire que pour la première fois, il y a un vaste chantier sur le problème de la délinquance et de la violence. On attend donc des présentations, des programmes hebdomadaires comme le dahira le moulidi ou encore le maoulida chengué, qui ont pour but de rassembler beaucoup de monde pour le recueillement et le vivre-ensemble, pour une meilleure cohésion sociale entre la jeunesse, la vie adulte, la religion et la spiritualité. Avec le plan que nous avons travaillé et notre projet de services pour le conseil cadial qui va être bientôt validé, nous espérons donc rentrer pleinement dans la société.

MH : Peut-on espérer une multiplication ou un renforcement des actions menées par votre direction ?

YA : Oui. En réalité nous avons commencé un chantier qui a pour but de recenser, mais surtout de renforcer, l’aménagements des structures éducatives et également des lieux de cultes. Il s'agit de développer une attractivité autour des mosquées pour que nos jeune s’intéressent à la pratique de la religion. La mosquée pour ces jeunes ne sera pas seulement un lieu de prière, ce sera aussi un lieu de prêche pour qu’ils intègrent la religion et le vivre-ensemble. Il y aura aussi la multiplication des séminaires inter-villageois pour animer la société à travers les conférences, et ainsi dégager cette violence, cette délinquance. Nous allons donc multiplier les conventions avec nos partenaires comme les communes, les institutions républicaines mais également les collectivités locales et les associations.

MH : Le mois de décembre a été marqué par de nombreuses violences à Majicavo. Les cadis sont intervenus pour contribuer à rétablir le calme. Traduit-elle une réel implication et acceptation de votre organisation au sein de la sphère publique et social, ou la difficulté que peuvent avoir les forces de l'ordre dans certains cas ?

YA : Non, je crois que les forces de l’ordre et l’État font un énorme travail pour la sécurité du territoire et la lutte contre la délinquance. Mais dans notre société, aujourd’hui, on parle souvent de

droit mais très rarement de devoir surtout en ce qui concerne les enfants. Pour construire une meilleure société, on a besoin de toutes les expertises. Quelle que soit la situation, l'État fait son travail mais il ne peut pas le faire seul : tout ce qui est en rapport avec l'éducation relève des parents et des autorités religieuses. C’est donc parfaitement notre domaine. Le corp politique reconnait de plus en plus l’importance du rôle du cadi à travers la prévention, la parentalité et l’éducation. Une convention a signé est d’ailleurs en route avec la justice pour pouvoir travailler avec eux.

MH : Vos actions en 2020 porteront-elles donc plus sur la prévention des conflits ou sur le règlement de conflit et la création de liens sociale entre les jeunes ?

YA : Nous allons agir sur les deux axes car les conflits existent déjà, mais nous allons aussi travailler autrement grâce aux nouvelles technologies. Le préfet actuel est très sensible sur le problème des jeunes, il a donc souligné qu’il voulait relever ce défi avec l’ensemble des partenaires institutionnels, mais surtout avec le conseil cadial. Il nous invite d’ailleurs le lundi 13 à Case Rocher, pour une réunion liée au Conseil cadial. Le but est de créer un partenariat institutionnel dans les démarches de la mise en place d’actions concrètes

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