Ce qu'elle attend de 2020: Ramlati Ali, députée

Ce qu'elle attend de 2020: Ramlati Ali, députée

Pour la députée Ramlati Ali, la réforme des retraites pourraient marquer un tournant particulièrement important pour Mayotte. Une année qu'elle estime par ailleurs déterminante sur bien des points, et qu'il faut donc aborder de la manière la plus sérieuse. 

Mayotte Hebdo : Quels sont les sujets qui vont être déterminants pour Mayotte, selon vous, cette année ?

Ramlati Ali : À Mayotte, tous les sujets sont prioritaires. Mais en ce début d'année, le projet de loi sur les retraites fait beaucoup parler. Il est très important et Mayotte est concernée. C'est le sujet qui me préoccupe tout particulièrement actuellement. Il faut déjà que les Mahorais puissent intégrer pleinement le droit commun. Aujourd'hui, certains retraités mahorais peuvent toucher 5€ par mois, ceux pour qui cela va un peu mieux ne peuvent toucher que jusqu'à 250€ par mois. Quand on sait qu'une personne qui n'a jamais travaillée peut toucher un peu plus de 400€avec l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), on se demande pourquoi quelqu'un aurait travaillé toute sa vie pour toucher moins que cela… Donc il faut commencer par corriger cette injustice, de façon à ce que l'État applique ce qui est appliqué en métropole : qu'une personne qui a moins de 1 000€ de retraite puisse bénéficier de l'Aspa en plus, en attendant 2022 et la mise en place de la retraite minimum de 1 000€, dont les Mahorais pourront aussi bénéficier. En somme, il s'agit d'accélérer la convergence des droits à la retraite à Mayotte, et faire en sorte qu'elle ne soit pas oubliée des annonces faites.

MH : En termes de suivi des annonces faites par le président Macron, le sénateur Thani Mohamed Soilihi ainsi que le président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani, plaident pour la mise en place d'un comité de suivi, qui serait composé d'élus et d'acteurs du territoire. Partagez-vous cette ambition ?

RA : C'est une nécessité, en effet. Sans suivi, les annonces resteront des annonces. Un bon exemple actuel d'une annonce qui a été suivie d'effet est celui de la mise en place d'un rectorat de plein exercice à Mayotte. À ce titre, j'ai rencontré mardi 7 le recteur afin que nous puissions réfléchir tous les deux aux dossiers que l'on doit porter ensemble, avec pour objectif que ce nouveau rectorat donne ce qu'on attend de lui, qu'il nous serve à quelque chose. On doit donc déjà suivre les dossiers individuellement, car ce n'est pas parce qu'un projet est annoncé qu'il va se faire. Et il faut non seulement s'assurer qu'il soit mis en place, mais aussi qu'il ne s'agira pas d'une coquille vide. Chacun d'entre nous, grands élus – et j'inclus dans ce terme le président du Conseil départemental et celui de l'Association des maires de Mayotte, Saïd Omar Oili –, devons être capables de revenir à

chaque fois sur ces dossiers, de les interroger, de les vérifier, pour être sûrs qu'ils sont constructifs et en faveur des Mahorais. Et si en plus, on peut se réunir tous ensemble pour être encore plus efficaces, c'est encore mieux.

MH : Plan de convergence, promesses présidentielles, projets prometteurs : diriez-vous que l'année 2020 sera une année déterminante pour le 101ème département ?

RA : Absolument, et il ne faut pas la rater. Il faut que l'on veille à ce que cette année puisse voir l'avancement du territoire, sa mise à niveau.

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