Ce qu'elle attend de 2020: Carla Baltus, cheffe d'entreprise et présidente du Medef

Ce qu'elle attend de 2020: Carla Baltus, cheffe d'entreprise et présidente du Medef

C'est le pilier du développement. L'économie du territoire ne demande qu'à exploser. Et l'année à venir est pleine de promesses. Plan de convergence, évolution dans la formation, mais aussi à plus long terme désenclavement de l'île, la présidente du Medef et cheffe d'entreprise, Carla Baltus, détaille les enjeux de 2020.

Mayotte Hebdo : L'économie mahoraise peine parfois à décoller malgré un potentiel réel. Quels grands dossiers sont susceptibles de faire changer les choses ?

Carla Baltus : Plusieurs sont d'importance, à commencer par la piste longue annoncée par le président de la République. Elle permettra un réel désenclavement de l'île et un véritable développement économique. Ce qu'on espère, c'est avoir de la concurrence et des tarifs plus attractifs, comme ce fût le cas lorsque d'autres compagnies desservaient Mayotte. Des billets moins chers, c'est plus de gens qui viennent, plus de touristes pour Mayotte. Cela permettrait à tout le monde de se déplacer plus facilement qu'aujourd'hui. Et puis, cela permet également plus de volume de fret et des coûts plus attractifs, une bonne chose car le bateau n'est pas toujours pratique pour les entreprises. Sans compter que c'est aussi une question de sécurité.

MH : La formation est aussi au centre des préocupations du monde économique…

CB : Elle est à un tournant, avec beaucoup de bouleversements au niveau national : d'Opcalia on va passer à Akto ; il y a une refonte des opérateurs de compétences qui faisaient la collecte ; l'arrivée du compte personnel de formation dans les années à venir, etc. On peut aussi citer le Comité régional de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelles (Crefop), qui a un nouvel outil mis en place il y a un an et qui prend ses marques, ou encore de nouveaux dispositifs pour la transition professionnelle. C'est donc tout de même une révolution dans la formation. C'est important car il va falloir être à la hauteur des chantiers à venir, pour pouvoir les absorber. Cela veut les anticiper pour ne pas manquer d'effectifs. Ils vont être nombreux avec le plan de convergence : des infrastructures, le Caribus, etc. Cela veut dire que l'on va créer beaucoup d'emplois, et qu'il va falloir que nos demandeurs d'emplois soient suffisamment formés. Ce sont des sujets sur lesquels on travaille beaucoup pour qu'on ne nous oppose pas, à l'issue du plan, qu'on n'a pas pu réaliser suffisamment de chantiers et que nos entreprises n'était pas au rendez-vous. Dernier exemple avec le secteur de la pêche : 200 pêcheurs sont à former, sinon il va nous en manquer sur le territoire. C'est donc une année à prendre sérieusement. Beaucoup de choses changent, on est région ultra-périphérique (Rup), notre département évolue rapidement, et on a des obligations : on doit se donner les moyens d'être au niveau national.

MH : Dans les faits, comment faire levier pour cela ?

CB : Cette année, nous Ambitionnons de multiplier les rencontres avec les institutions locales et nationales, mais aussi avec les partenaires sociaux. Nous comptons aussi apporter plus de solutions juridiques, sociales et

fiscales à nos adhérents. En somme : défendre l'économie locale et lui permettre de se développer grâce au plan de convergence – nous l'avons dit – mais également avec la coopération régionale, notamment sur ce qui concerne le projet gazier au Mozambique. Et n'oublions pas de faire le vœu que notre île retrouve la paix et la sécurité, car la délinquance freine l'économie et altère la qualité de vie essentielle au bien-être des habitants.

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