Immigration | Vers une ouverture prochaine du bureau des étrangers

Immigration | Vers une ouverture prochaine du bureau des étrangers Le 20 février, lors d'une manifestation dans le cadre de la lutte contre l'insécurité, le cortège a marqué un arrêt symbolique devant le bureau des étrangers.

Fermé depuis un mois, le service des migrations et de l'intégration de la Préfecture concentre les inquiétudes des milieux associatif et médical, ainsi que des étrangers eux-mêmes. Alors que la grève des agents de ce service touche à sa fin, le préfet a annoncé jeudi dernier "l’ouverture prochaine" de ce bureau qui devrait subir des changements profonds.

"Le service des étrangers ouvrira prochainement. N’oublions pas que la grève des agents s’est terminée mercredi soir. Cela va nécessiter un petit temps pour redémarrer". Le préfet Dominique Sorain l’affirme : la fermeture du bureau des étrangers ne devrait pas s’éterniser. Ce service avait été fermé sur décision de la ministre des Outre-mer qui avait déclaré le 17 mars que "pendant un mois, pour des raisons d’ordre public, le bureau des étrangers de la préfecture sera fermé et la délivrance des titres de séjour se fera sur rendez-vous". Or, ce bureau a subi en parallèle une grève de ses agents, ralentissant son activité. Une situation qui aurait généré des placements au centre de rétention administrative (CRA) pour de nombreux individus n’ayant pu renouveler leur titre de séjour. "Nous avons constaté ce phénomène", insiste-t-on du côté de la permanence d’accès aux droits au CRA. Cette instance justifie cette situation par d’éventuelles lacunes "dans la vérification des numéros d’enregistrement à la préfecture" concernant les individus retenus au CRA.

« Je n’ai pas eu connaissance de personnes retenues car elles n’ont pas pu renouveler leur titre. Cela m’étonnerait fort », répond le préfet Dominique Sorain. Un sentiment partagé par le directeur du cabinet du préfet Étienne Guillet : "Cela demande vérification mais je n’y crois guère. Dans la mesure où les personnes placées au centre de rétention subissent un examen judiciaire approfondi, nous n’aurions pas d’intérêt à placer des individus qui seraient rapidement relâchés le cas échéant", explique-t-il, en indiquant que "80 titres de séjour ont été renouvelés durant la fermeture du bureau des étrangers". Ces renouvellements étant le fruit de demandes émises "soit par les employeurs des personnes concernées, soit par les services de santé".

Des conséquences sanitaires préoccupantes

Au-delà de la polémique concernant d'éventuels placements en rétention, la fermeture du bureau des étrangers provoque l’inquiétude du milieu médical. Par voie de communiqué, les infirmiers libéraux ont récemment interpellé le préfet sur la base d’un constat inquiétant : "Le non renouvellement des titres de séjour prive des individus de droits fondamentaux dont ils jouissaient de plein droit au préalable". Parmi ces droits : l’accès aux soins. "Ces hommes et ces femmes n’ont plus accès à la médecine de ville, aux médicaments, ne peuvent plus bénéficier de transport en ambulance, n’ont plus les moyens de bénéficier de soins ou de services d’aide à domicile", s’inquiètent les infirmiers médicaux. 

Un phénomène qui s’applique également aux réfugiés, comme nous le confirme Étienne, un jeune homme originaire de la République Démocratique du Congo : "Je suis reconnu comme réfugié mais j’attends toujours mon titre de séjour pour débloquer ma situation administrative et accéder aux soins. Or, depuis la fermeture du bureau des étrangers, je n’ai plus aucune nouvelle quant à l’évolution de ma situation". Sur ce point, la préfecture indique avoir "pris des dispositions adéquates", en ayant mis à disposition en début de semaine dernière une personne relais au sein de la délégation mahoraise de l'Agence régionale de santé (ARS) de Mamoudzou pour "traiter de chaque situation qui lui sera remontée par ce biais". Une mesure d’urgence, en attendant la réouverture du bureau des étrangers qui devrait s’effectuer rapidement.

Face aux difficultés soulevées par les grévistes de ce service, Dominique Sorain évoque à l’avenir "des modalités différentes en termes d’organisation (…) J’ai demandé au directeur des services des étrangers ainsi qu’au secrétaire général de la préfecture d’examiner ce dossier. Nous ne pouvons pas rester dans une situation qui se traduit par des centaines de personnes en attente, ainsi que des problèmes d’organisation en interne", insiste-t-il. Pour autant, impossible pour l’heure de savoir comment ces changements vont se traduire concrètement. Seule piste évoquée : "L’accent sera mis sur les renouvellement des titres de séjour".

 

 

Abonnement Mayotte Hebdo