
La fin de semaine dernière a été marquée par deux réunions entre l’intersyndicale, les patrons des grands magasins, la Smart, la cci, le Conseil général ainsi que le préfet Degos afin de sortir de la crise de la vie chère qui est en train de paralyser l’économie de Mayotte. Dans la matinée de vendredi, la réunion portait sur les prix du gaz et des matériaux de construction. Salim Nahouda, le secrétaire général de la CGT-Ma, a fait deux propositions en qui concerne le prix du gaz et des matériaux de construction : "Que quelque soit le lieu ou l’on réside à Mayotte, que l’on puisse avoir le même prix pour le sable et le gravillon. On a aussi demandé à ce que les mètres cubes du gravillon soit abaissés, puisque c’est à Mayotte que c’est prélevé".
Ce lundi, rendez-vous est de nouveau donné entre ces différents intervenants afin de tenter de trouver un accord. Le prix du gaz a aussi été discuté. "Total embouteille à Maurice et Somagaz embouteille à Mayotte à travers la société Cigma, qui est soutenue financièrement par la collectivité et qui bénéficie aussi d’une défiscalisation. On a demandé à voir les tarifs, mais ils ne veulent pas les donner. C’est une entreprise qui a le monopole, car il n’y a aucune autre entreprise qui la concurrence. On demande à ce que le prix du gaz soit abaissé à 20 €", réitère le syndicaliste.
D’une manière générale, l’intersyndicale sort de cette réunion avec un sentiment de frustration du fait du manque de transparence de la part des entreprises. Dans l’après-midi de vendredi, une nouvelle réunion s’est tenue avec les patrons des grandes surfaces, afin d’obtenir des baisses de prix sur les produits jugés de première nécessité. Une réunion qui a duré 8 heures et qui n’a abouti à aucun accord, comme l’exprime le préfet Thomas Degos : "Il n’y pas eu formellement de protocole d’accord à ce stade". Cependant, le représentant de l’Etat considère que cela a été "extrêmement constructif. Il y a eu des échanges de très haut niveau, de qualité exceptionnelle, d’une technicité très importante. Ça a été long, car la matière est riche. Il y a des signaux de bonne volonté qui ont été mis en avant par la cci, la Smart… Je dirai que c’est un Grenelle des prix à Mayotte". Le secrétaire général de la CGT-Ma a quant à lui été moins bavard : "C’est le jeu de la négociation. Chacun essaye de tirer de son côté. On va vérifier les chiffres sur la composition des prix qu’ils nous ont soumis", s’est-il exprimé.
Vendredi, l’intersyndicale (CGT-Ma, Cisma-CFDT, Ascoma, Afoc, Solidarité mahorais et le Collectif des citoyens perdus) a envoyé un communiqué dans lequel elle a réaffirmé "la détermination dans l’unité afin d’obtenir une baisse réelle et significative des prix sur les mabawas, le poulet et le boeuf surgelé, le riz, le sucre, l’huile, la sardine, le lait, les oeufs, le sable et le gaz" et a dénoncé "l’utilisation abusive des forces de l’ordre et de l’appareil judiciaire comme moyen de pression contre les manifestants pour légitimer leur impuissance à donner des réponses claires sur les revendications légitimes des mahorais". Ce samedi, le centre de Mamoudzou a encore été perturbé, et la grève continue ce lundi, tandis que deux autres réunions ont été programmée à 11h et 14h30...
Compte-rendu des réunions avec l’intersyndicale
- Article 1 : Baisse du prix de 3 produits alimentaires de première nécessité pendant un mois
A compter du 3 octobre 2011 et pendant une période de un mois dans les sociétés signataires, le prix de vente au public du carton
de 10 kg d’ailes de poulets sera rabaissé à 22 €, ce qui correspond sensiblement à une diminution de 5 € par cartons. Le prix du riz
et des boîtes de sardines (références à définir) bénéficieront également d’une diminution de leur prix de vente de 10% pendant un
mois (proposition des distributeurs).
- Article 2 : Engagement d’un processus de moyen terme pour favoriser le développement économique de Mayotte
Dès le lundi 3 octobre, les acteurs économiques, sociaux, l’Etat, le Conseil général et le Conseil économique, social, culturel et
environnemental se réuniront afin de s’engager dans un calendrier de réflexion collective visant à favoriser le développement économique
de Mayotte, l’emploi et la maîtrise des prix. Au cours du quatrième trimestre 2011 seront organisées différentes réunions
thématiques reprenant les orientations qui avaient été définies dans le cadre des états généraux de l’Outremer afin d’identifier les
avancées déjà réalisées et de mettre en oeuvre au plus tôt ce qui reste à concrétiser.
- Article 3 : Associations de consommateurs
Les associations de consommateurs que sont l’Afoc et l’Ascoma bénéficieront d’une aide de l’Etat au travers de 2 contrats aidés
par association mis à disposition afin de participer à un travail de suivi des prix à Mayotte. Cette activité donnera lieu de la part des
deux associations a des compte rendu d’études qui seront examinées lors des réunions de l’Observatoire des prix et des marges.
Ces études viendront compléter le travail d’observation des prix menés par l’Etat avec la CCRF et l’Insee.
- Article 4 : Etude des marges sur 10 produits de première nécessité
Une enquête sur 10 produits de première nécessité sera menée d’ici la fin de l’année 2011 par la Dieccte (CCRF) sur l’évolution des
prix et sur les marges concernant 10 produits de première nécessité dont la liste sera déterminée en concertation avec les signataires
du présent accord. Les résultats de cette étude seront communiqués en réunion de l’Observatoire des prix.
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