
Les dents et les mains… Ces vecteurs de maladies et d’infections sont l’objet de bien trop peu d‘attentions à Mayotte. C’est sur ce constat que quatre partenaires se sont associés, ont réfléchi ensemble et décidé d’un plan d’attaque : la distribution de 33.260 brosses à dents, dentifrices et autres savons : un kit pour chacun des élèves d’élémentaire et de primaire de l’île.
4 à 5 caries par bouche contre 0 à 1 en Métropole. C’est le constat que dressait en 2009 l’Union française pour la santé bucco-dentaire (LFSBD), partenaire de cette convention signée lundi au vice-rectorat. Nadjati Harouna, sa présidente, s’en félicite "c’est un réel soulagement que cela aboutisse enfin". Elle espère que les enfants "s’approprieront le matériel" et retiendront le message. 1.310 boîtes à sourire contenant le matériel et illustrées par des élèves polynésiens regagneront leur classe.
Mais au-delà des 33.260 brosses à dent, savons, petits tubes de dentifrices, cahiers, règles et étiquettes fournis par Colgate et Protex, il y a un accompagnement. 98 élèves de l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), dirigé par Eric Chartier, mais également des chirurgiens-dentistes hospitaliers et des éducateurs de santé se rendront, par demi-journées, dans les établissements de l’île. Ils expliqueront ce qu’il y a dans la bouche, à quoi elle sert, le rôle et l’importance du dentiste, celui du brossage de dents et de l’hygiène des mains.
Lundi, les premiers à bénéficier de ce dispositif étaient les petits de l’école de Boboka. Le déploiement se fera en deux temps. Le premier, commencé lundi et s’étalant jusqu’au 2 mars, touchera 12.000 enfants du grand Mamoudzou et une partie des élèves de Koungou. La deuxième vague, de plus de 20.000 enfants, durera du 22 mars au 27 avril dans toutes les circonscriptions restantes.
Ce partenariat multipartite est né d’une première rencontre, tenue en décembre 2010. En janvier 2011, un premier partenariat associant l’UFSBD et Colgate avait débouché sur une campagne de prévention dans tout le réseau hospitalier, au contact des parents. Cette nouvelle étape permet de "mettre à disposition tout le réseau du vice-rectorat pour toucher l’ensemble de la population et montrer l’implication de l’institution dans l’éducation à la santé", s’est réjoui François-Marie Perrin. Celui-ci a conclu : "il est indispensable de donner le plus tôt possible les bonnes habitudes".
JP
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