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Index de l'article
Février 2009 - L'échec des étudiants en Métropole
Rencontre avec le directeur de la Dasu, Bina Attoumani
Une orientation par défaut
Les associations maîtrisent mieux le dossier que la Dasu !
Des aides qui font débat
Les filières professionnels, issues de secours ?
"Il faut nous aider à aller plus loin que le bac 4"
"Donner une bourse ne suffit pas !"

06/02/09 - Dossier - L'échec des étudiants en Métropole

Un rapport accablant

Commandé par le conseil général, qui verse chaque année plus de 17 millions d'euros d'aides aux étudiants hors Mayotte, le rapport de M. M'dahoma Halime Eddine intitulé "L'échec des étudiants mahorais dans l'enseignement supérieur en Métropole", rédigé en juillet 2008, analyse les causes d'une situation critique pour la future élite mahoraise. Alors qu'actuellement seuls 15% d'une classe d'âge atteignent le baccalauréat, à peine 30% de ceux-là reviennent diplômés à au moins bac+2, après de nombreux échecs.

Mauvaise orientation, trop faible niveau au départ, abandons en masse, manque de motivation, de projets, de travail, intégration quasi inexistante, difficultés de gestion… Les causes de l'échec massif de nos étudiants sont multiples et les torts partagés. Mayotte Hebdo se penche une fois de plus sur ce phénomène qui semble ne pas s'arranger.

 

Extraits choisis du rapport

 

Echec massif

A l'Université, "Nous obtenons un taux de réussite moyen de 16% en 1ère année, alors que le taux national avoisine les 50%. Le taux de réussite moyen pour l'obtention d'un bac+2 en 2 ans est de 9%, ce qui confirme la tendance avancée lors de l'étude de l'Insee en 2003."

"En marge des faibles résultats de réussite que nous venons d'observer, notons que le phénomène "abandon" touche les étudiants mahorais dans des proportions que nous qualifierons d'inquiétantes. Le taux d'abandon moyen à l'issue de la 1ère année d'inscription est de 18%, alors que la moyenne nationale est de 6%.Le taux d'abandon en 2ème année atteint quant à lui les 32%. On remarque qu'à l'issue de deux années d'inscription, plus de la moitié de l'effectif de départ a abandonné (tendance remarquée depuis 2003). Les cohortes 2002 et 2003, sur lesquelles nous avons pu effectuer des suivis sur 4 ans, font état de près de 60% d'abandons à l'issue de 4 années dans l'enseignement supérieur.

L'université, de part la taille de son effectif (en moyenne 67,5% des étudiants mahorais s'y inscrivent) est la première touchée par ce phénomène et plus particulièrement ses filières phares que sont AES, droit, et à un degré moindre les langues et les sciences humaines."

 

Mauvaise orientation

"9 étudiants sur 12 affirment que leurs choix de filières ne s'est opéré qu'à l'issue du baccalauréat. L'environnement familial des néo bacheliers semble influencer fortement le choix des filières dans le supérieur, alors que les dispositifs du type CIO ou le corps enseignant ne jouent qu'un rôle mineur dans les choix post bac.

Les étudiants appréhendent généralement les filières choisies dans leur globalité. Il ressort des entretiens qu'il existe une certaine méconnaissance des contenus de formations qui aura pour effet de mettre les étudiants en situation délicate une fois les cours démarrés."

"Un autre type de discours porté par deux étudiants interviewés révèle que le baccalauréat, qu'il soit général, technique ou professionnel, reste encore pour certains l'objectif final. La filière suivie dans le supérieur ne revêt que peu d'importance, l'essentiel étant d'avoir son "bac en poche" et d'être inscrit dans des études supérieures. Force est de constater qu'aujourd'hui encore le baccalauréat est considéré comme une fin en soi pour certains lycéens. Une fois l'objectif bac atteint, ces néo étudiants peu motivés et surtout dépourvus de toute stratégie d'étude, se retrouvent dans l'enseignement supérieur avec une probabilité d'échec accrue."

"Les étudiants inscrits à l'université déplorent le manque d'encadrement dans le supérieur qui, à leurs yeux, constitue un handicap lourd à surmonter. Ils insistent lourdement sur leurs manques de préparation face aux exigences des filières universitaires. L'une des conséquences directes de cette inadaptation au nouveau rythme scolaire imposé par le niveau supérieur est le décrochage."

"Les réorientations observées dans le cadre des suivis des cohortes (réorientations surtout observées à l'issue d'un échec en 1ère année) nous interpellent sur les choix d'orientations des néo bacheliers mahorais. Choisissent-ils leurs filières dans l'enseignement supérieur ? Connaissent-ils réellement les contenus de ces formations ? Autant de questions que nous sommes en droit de nous poser tant l'absence de stratégie d'orientation est perceptible au travers des trajectoires suivies dans cette étude. Face à ce constat, un travail de partenariat qui mobiliserait l'ensemble des partenaires que sont la CDM, le vice-rectorat (CIO) et les associations semble nécessaire afin de développer une véritable politique de sensibilisation sur la question de l'orientation. Dans un premier temps il conviendrait de renforcer et de compléter les dispositifs d'orientation existants du type CIO qui ne disposent actuellement que d'un seul point d'information sur l'île. Dans cette logique de partenariat, la CDM pourrait accompagner toutes les initiatives visant à sensibiliser les jeunes sur leurs orientations. Cet appui peut se traduire sous forme de subvention aux associations œuvrant dans ce domaine."

 

Manque de motivation et d'intégration

"Concernant le temps consacré au travail personnel, on constate une forte variation de sa durée selon que l'enquêté soit inscrit en cycle court (BTS-IUT) ou long (Université). Les étudiants des cycles courts affirment travailler en moyenne une à deux heures par jour contre seulement cinq heures hebdomadaires pour les universitaires.

La moitié de l'effectif avoue ne pas fréquenter les bibliothèques universitaires et n'en voit d'ailleurs pas l'utilité, 2 sur 12 s'y rendent occasionnellement, et 4 sur 12 affirment la fréquenter plusieurs fois par semaine."

"Très peu d'interviewés affirment être en contact régulier avec des camarades métropolitains dans et en dehors du cadre universitaire, la plus grande partie préférant vivre en autarcie. Cette tendance communautaire ne facilite pas la fréquentation des lieux de vie estudiantine tels que les bibliothèques, les restaurants universitaires ou le campus en règle générale."

"Sur 12 étudiants, 8 étaient logés dans un parc locatif privé dès la deuxième année d'inscription. Les raisons généralement invoquées pour expliquer la désertion des résidences universitaires sont la promiscuité imposée par les lieux, ainsi que les mauvaises relations entretenues avec les autres résidents. Le discours teinté de conformisme de nos enquêtés, qui affirment par ailleurs chercher dans les logements privés un cadre de travail idéal, cache sans doute une autre réalité. En effet, il semblerait que les étudiants mahorais éprouvent d'énormes difficultés à s'adapter à la vie en communauté imposée par les résidences universitaires. Très majoritairement ils préfèrent les logements en centre-ville pour fuir ce nouvel environnement et se tournent vers la communauté (lorsqu'elle est présente dans l'académie) qui devient alors un refuge. Ce choix du logement privé aura pour effet immédiat de couper l'étudiant du milieu universitaire où il était censé évoluer. La sociabilité de l'étudiant sera également affectée par ce type de logement, dans la mesure où elle tendra à se développer en dehors du cadre purement universitaire."

 

06/02/09 - Dossier - L'échec des étudiants en Métropole

 

 


 

Il n’y a pas que la Dasu dans la vie !

Vous êtes étudiant ou lycéen, vous avez des projets ambitieux, mais vous n’avez pas eu l’aide de la Dasu ? Tout n’est pas perdu. Si vous n’êtes pas boursier national, les choses sont plus ardues. En Métropole, de très nombreux étudiants doivent avoir un job étudiant pour couvrir les frais dus à la poursuite d’études.

Cumuler travail et études n’est pas forcément évident, mais cela tend à être la règle de nos jours pour ceux qui n’ont pas de bourse et dont les parents ne peuvent assurer leur entretien. Les annonces pour jobs étudiants sont souvent affichées au sein des Crous ou dans les halls des facultés. Les plus courus sont les fast-foods. Ceux-ci attribuent plus facilement un nombre d’heure de travail (pas plus de 20 heures par semaine) qui facilite la cohabitation entre les études et le boulot. Il y a également la possibilité des prêts d’honneur (environ 1.500 € par an) à rembourser dans les 10 ans (pas d’intérêts).

Pour ceux qui auront probablement le bac avec mention très bien, il faut s’y prendre dès maintenant pour faire une demande de bourse de mérite dans le Crous de l’académie que vous souhaitez joindre. Il faut pour cela s’engager à vouloir préparer l’ENA (Administration), l’ENM (Magistrature) ou une grande école.

Pour ceux qui partent en échange à l’étranger, des régions métropolitaines (notamment Rhône-Alpes) fournissent des aides qui ne dépendent pas de l’attribution de la bourse nationale, à condition d’avoir effectué au moins deux années d’études supérieures dans l’un de ses établissements (montant qui s’élève à un peu plus de 3.000 € pour 9 mois). Pour ceux qui décident de s’inscrire en dehors du cadre d’un échange, les universités d’accueil proposent de nombreux moyens de financements des études (le plus souvent des jobs étudiants ou des bourses privées).

 

Pour plus de renseignements, consulter les différents sites internet suivants.

www.cnous.fr : Centre national des œuvres universitaires et scolaires. Informations pour remplir le dossier social étudiant, sur les bourses et le logement étudiant.

http://www.cg976.com/index.php : Pour les dispositifs mis en place par la Dasu

www.orientation-formation : Portail de la formation et de l’orientation. Explique bien les passerelles qui existent entre les différents types de parcours scolaires.

www.etudiant.gouv.fr : Portail qui répond à un grand nombre de questions qui traversent l’esprit des étudiants. On y apprend qu’à critères égaux, l’accès en chambre universitaire est prioritaire pour les Ultramarins et que des étudiants ultramarins référents sont là pour mieux expliquer les subtilités de la Métropole.



 

Commentaires 

 
0 #31 mahorais66 2010-02-25 21:09 WA MAHORAIS NA MARKé… Citer
 
 
0 #30 ladjou 2010-01-07 23:34 Président, paye nous les étudiant avant té invente Citer
 
 
0 #29 DHB 2009-12-07 10:18 Arrêté de nous prendre pour des idiots, parce que vivre sans argent pendant 6 mois et de ne pas payer nos loyer ça devient insupportable. Si on n'avait pas nos parents on serait mort à l'heure qu'il est. Citer
 
 
0 #28 DHB 2009-12-07 09:12 Je suis une élève de 1ere année bac pro en secrétariat. J'ai raté mon examen du BEP et malgré mon échec, le proviseur m'a accepter en 1er année bac pro en secrétariat, tout en ayant passée mon examen du BEP en contrôle continu en cours de formation. Je ne comprend pas pourquoi la DASU ne paye pas, et pourtant j'ai écris une lettre en leur expliquant tout, j'ai tout fournies les documents nécessaires, mais non, ça fait déjà 6 mois qu'ils ne m'ont pas donnée la bourse. Et pourtant si j'ai bien compris les élèves mahorais ont droit qu'à un seul échec. Est ce que il y a quelqu'un qui pourrais m'expliquer ?mais moi personnellement je ne comprend pas. Citer
 
 
0 #27 M.etudiant 2009-11-10 13:21 Je trouve que ce rapport n'est pas complet et ne reflète pas la réalité. Nous sommes tous d'accord pour dire que le taux de réussite est très largement en dessous de la moyenne nationale. Mais les causes de ces échecs me semble clair, c'est de la faute de la mauvaise gestion des responsables mahorais. Nous avons un enseignement de mauvaise qualité par conséquent il ne faut pas s'étonner des résultats finaux. Citer
 
 
+1 #26 TANYA 2009-10-27 13:49 Nous exigeons la démission du président du Conseil général et le président du commission des finances de la CDM. Dans la mesure où la mauvaise gestion du CDM est la preuve accablante de l'incompétence de nos conseillers généraux. Ils osent s'exprimer devant des milliers de téléspectateurs que nous échouons, alors qu'eux aussi ils ont échoué leur mission d'éducateurs.Il est temps de vous plonger sur le véritable problème de l'échec des étudiants, au lieu de vous acharner sur nos acquis sociaux. Dites-nous quel exemple faut-il suivre, si vous n'êtes pas des exemples ? Citer
 
 
+1 #25 Mendras 2009-10-26 23:17 Très bonne analyse des raisons de l'echec des étudiants mahorais en métropole. Si vous pouvez faire une copie pour le président du conseil générale de Mayotte. Car a la suite de son intervention au journal de RFO Mayotte, je me demande s'il a bien saisi ce rapport. Ou peut etre qu'il a besoin d'une etude de texte!Quand notre cher President Douchna declare vouloir reduire nos bourses parceque les etudiants mahorais ne reussissent pas en France. Peut etre qu'il a besoin de loupe mais je ne vois pas le rapport entre la reduction des bourses et l'amelioration des de resultats scolaires ??? Citer
 
 
0 #24 ALI raouf 2009-09-26 14:59 J'aimerais savoir jusqu'où sont allés les employés de la DASU au niveau études… Peut-être même pas le bac d'abord !! Laissez nous en paix et celui à qui Dieu a donné sa chance réussira, c'est tout il n'y a rien à dire !! Citer
 
 
0 #23 Hallbaud 2009-09-22 22:09 Franchement les gens qui disent que les Mahorais n'ont pas besoin d'intégration pour s'adapter à la France métro., se gourent lourdement. Car d'une part, à Mayotte on est habitué à avoir le soleil tout le temps, et pis on vivait chez papa-maman ou à proximité. Donc venez pas me dire qu'en partant de Mayotte, et en arrivant en France métro., on est directement au courant des conditions de vie ici, à savoir gérer un budget (loyer si appartement, titre de transport, assurance responsabilité civil, etc.). Car à Mayotte, on n'a pas besoin de tout cela pour vivre!! En pour ce qui est d'augmenter la bourse en fonction du mérite. J'en vois pas l'intérêt, car d'une part, on a de la chance de pouvoir effectuer des études, mais aussi de percevoir une bourse. Car la finalité des études c'est quoi, obtenir à la fin le boulot qu'on souhaite faire et gagner bien sa vie. Les études on ne les fait pas pour faire plaisir à la DASU ou un autre organisme du Conseil Général, pour soi. Et c'est ça que certains mahorais n'arrivent pas à comprendre. Arrêtez à chaque fois de rechercher un bouc-émissaire à ce qui arrive. Car jusqu'à maintenant les étudiants qui réussissent ne sont jamais mis en avant, juste histoire de montrer que tout n'est aussi chaotique, comme l'atteste les chiffres. Au moins en mettant en avant les quelques exceptions, on pourrait peut-être faire fléchir certains et certaines. Citer
 
 
-1 #22 tami 2009-08-02 13:24 Si je peux me permettre je dirais que dans la vie il y a des hauts et des bas surtout pour les nouvelles mahorés qui partent en métropole. Il faut apprendre déjà à prendre ses responsabilités en main et être autonome mais aussi savoir gérer l'argent que l'on nous donne que ce soit par la DASU ou les parents Citer
 

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