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Un rapport accablant Commandé par le conseil général, qui verse chaque année plus de 17 millions d'euros d'aides aux étudiants hors Mayotte, le rapport de M. M'dahoma Halime Eddine intitulé "L'échec des étudiants mahorais dans l'enseignement supérieur en Métropole", rédigé en juillet 2008, analyse les causes d'une situation critique pour la future élite mahoraise. Alors qu'actuellement seuls 15% d'une classe d'âge atteignent le baccalauréat, à peine 30% de ceux-là reviennent diplômés à au moins bac+2, après de nombreux échecs. Mauvaise orientation, trop faible niveau au départ, abandons en masse, manque de motivation, de projets, de travail, intégration quasi inexistante, difficultés de gestion… Les causes de l'échec massif de nos étudiants sont multiples et les torts partagés. Mayotte Hebdo se penche une fois de plus sur ce phénomène qui semble ne pas s'arranger.
Extraits choisis du rapport Echec massif A l'Université, "Nous obtenons un taux de réussite moyen de 16% en 1ère année, alors que le taux national avoisine les 50%. Le taux de réussite moyen pour l'obtention d'un bac+2 en 2 ans est de 9%, ce qui confirme la tendance avancée lors de l'étude de l'Insee en 2003." "En marge des faibles résultats de réussite que nous venons d'observer, notons que le phénomène "abandon" touche les étudiants mahorais dans des proportions que nous qualifierons d'inquiétantes. Le taux d'abandon moyen à l'issue de la 1ère année d'inscription est de 18%, alors que la moyenne nationale est de 6%.Le taux d'abandon en 2ème année atteint quant à lui les 32%. On remarque qu'à l'issue de deux années d'inscription, plus de la moitié de l'effectif de départ a abandonné (tendance remarquée depuis 2003). Les cohortes 2002 et 2003, sur lesquelles nous avons pu effectuer des suivis sur 4 ans, font état de près de 60% d'abandons à l'issue de 4 années dans l'enseignement supérieur. L'université, de part la taille de son effectif (en moyenne 67,5% des étudiants mahorais s'y inscrivent) est la première touchée par ce phénomène et plus particulièrement ses filières phares que sont AES, droit, et à un degré moindre les langues et les sciences humaines." Mauvaise orientation "9 étudiants sur 12 affirment que leurs choix de filières ne s'est opéré qu'à l'issue du baccalauréat. L'environnement familial des néo bacheliers semble influencer fortement le choix des filières dans le supérieur, alors que les dispositifs du type CIO ou le corps enseignant ne jouent qu'un rôle mineur dans les choix post bac. Les étudiants appréhendent généralement les filières choisies dans leur globalité. Il ressort des entretiens qu'il existe une certaine méconnaissance des contenus de formations qui aura pour effet de mettre les étudiants en situation délicate une fois les cours démarrés." "Un autre type de discours porté par deux étudiants interviewés révèle que le baccalauréat, qu'il soit général, technique ou professionnel, reste encore pour certains l'objectif final. La filière suivie dans le supérieur ne revêt que peu d'importance, l'essentiel étant d'avoir son "bac en poche" et d'être inscrit dans des études supérieures. Force est de constater qu'aujourd'hui encore le baccalauréat est considéré comme une fin en soi pour certains lycéens. Une fois l'objectif bac atteint, ces néo étudiants peu motivés et surtout dépourvus de toute stratégie d'étude, se retrouvent dans l'enseignement supérieur avec une probabilité d'échec accrue." "Les étudiants inscrits à l'université déplorent le manque d'encadrement dans le supérieur qui, à leurs yeux, constitue un handicap lourd à surmonter. Ils insistent lourdement sur leurs manques de préparation face aux exigences des filières universitaires. L'une des conséquences directes de cette inadaptation au nouveau rythme scolaire imposé par le niveau supérieur est le décrochage." "Les réorientations observées dans le cadre des suivis des cohortes (réorientations surtout observées à l'issue d'un échec en 1ère année) nous interpellent sur les choix d'orientations des néo bacheliers mahorais. Choisissent-ils leurs filières dans l'enseignement supérieur ? Connaissent-ils réellement les contenus de ces formations ? Autant de questions que nous sommes en droit de nous poser tant l'absence de stratégie d'orientation est perceptible au travers des trajectoires suivies dans cette étude. Face à ce constat, un travail de partenariat qui mobiliserait l'ensemble des partenaires que sont la CDM, le vice-rectorat (CIO) et les associations semble nécessaire afin de développer une véritable politique de sensibilisation sur la question de l'orientation. Dans un premier temps il conviendrait de renforcer et de compléter les dispositifs d'orientation existants du type CIO qui ne disposent actuellement que d'un seul point d'information sur l'île. Dans cette logique de partenariat, la CDM pourrait accompagner toutes les initiatives visant à sensibiliser les jeunes sur leurs orientations. Cet appui peut se traduire sous forme de subvention aux associations œuvrant dans ce domaine." Manque de motivation et d'intégration "Concernant le temps consacré au travail personnel, on constate une forte variation de sa durée selon que l'enquêté soit inscrit en cycle court (BTS-IUT) ou long (Université). Les étudiants des cycles courts affirment travailler en moyenne une à deux heures par jour contre seulement cinq heures hebdomadaires pour les universitaires. La moitié de l'effectif avoue ne pas fréquenter les bibliothèques universitaires et n'en voit d'ailleurs pas l'utilité, 2 sur 12 s'y rendent occasionnellement, et 4 sur 12 affirment la fréquenter plusieurs fois par semaine." "Très peu d'interviewés affirment être en contact régulier avec des camarades métropolitains dans et en dehors du cadre universitaire, la plus grande partie préférant vivre en autarcie. Cette tendance communautaire ne facilite pas la fréquentation des lieux de vie estudiantine tels que les bibliothèques, les restaurants universitaires ou le campus en règle générale." "Sur 12 étudiants, 8 étaient logés dans un parc locatif privé dès la deuxième année d'inscription. Les raisons généralement invoquées pour expliquer la désertion des résidences universitaires sont la promiscuité imposée par les lieux, ainsi que les mauvaises relations entretenues avec les autres résidents. Le discours teinté de conformisme de nos enquêtés, qui affirment par ailleurs chercher dans les logements privés un cadre de travail idéal, cache sans doute une autre réalité. En effet, il semblerait que les étudiants mahorais éprouvent d'énormes difficultés à s'adapter à la vie en communauté imposée par les résidences universitaires. Très majoritairement ils préfèrent les logements en centre-ville pour fuir ce nouvel environnement et se tournent vers la communauté (lorsqu'elle est présente dans l'académie) qui devient alors un refuge. Ce choix du logement privé aura pour effet immédiat de couper l'étudiant du milieu universitaire où il était censé évoluer. La sociabilité de l'étudiant sera également affectée par ce type de logement, dans la mesure où elle tendra à se développer en dehors du cadre purement universitaire." 
Il n’y a pas que la Dasu dans la vie ! Vous êtes étudiant ou lycéen, vous avez des projets ambitieux, mais vous n’avez pas eu l’aide de la Dasu ? Tout n’est pas perdu. Si vous n’êtes pas boursier national, les choses sont plus ardues. En Métropole, de très nombreux étudiants doivent avoir un job étudiant pour couvrir les frais dus à la poursuite d’études. Cumuler travail et études n’est pas forcément évident, mais cela tend à être la règle de nos jours pour ceux qui n’ont pas de bourse et dont les parents ne peuvent assurer leur entretien. Les annonces pour jobs étudiants sont souvent affichées au sein des Crous ou dans les halls des facultés. Les plus courus sont les fast-foods. Ceux-ci attribuent plus facilement un nombre d’heure de travail (pas plus de 20 heures par semaine) qui facilite la cohabitation entre les études et le boulot. Il y a également la possibilité des prêts d’honneur (environ 1.500 € par an) à rembourser dans les 10 ans (pas d’intérêts). Pour ceux qui auront probablement le bac avec mention très bien, il faut s’y prendre dès maintenant pour faire une demande de bourse de mérite dans le Crous de l’académie que vous souhaitez joindre. Il faut pour cela s’engager à vouloir préparer l’ENA (Administration), l’ENM (Magistrature) ou une grande école. Pour ceux qui partent en échange à l’étranger, des régions métropolitaines (notamment Rhône-Alpes) fournissent des aides qui ne dépendent pas de l’attribution de la bourse nationale, à condition d’avoir effectué au moins deux années d’études supérieures dans l’un de ses établissements (montant qui s’élève à un peu plus de 3.000 € pour 9 mois). Pour ceux qui décident de s’inscrire en dehors du cadre d’un échange, les universités d’accueil proposent de nombreux moyens de financements des études (le plus souvent des jobs étudiants ou des bourses privées). Pour plus de renseignements, consulter les différents sites internet suivants. www.cnous.fr : Centre national des œuvres universitaires et scolaires. Informations pour remplir le dossier social étudiant, sur les bourses et le logement étudiant. http://www.cg976.com/index.php : Pour les dispositifs mis en place par la Dasu www.orientation-formation : Portail de la formation et de l’orientation. Explique bien les passerelles qui existent entre les différents types de parcours scolaires. www.etudiant.gouv.fr : Portail qui répond à un grand nombre de questions qui traversent l’esprit des étudiants. On y apprend qu’à critères égaux, l’accès en chambre universitaire est prioritaire pour les Ultramarins et que des étudiants ultramarins référents sont là pour mieux expliquer les subtilités de la Métropole.
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