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Quelques articles
08 Août 2008
Grand écran à Tsararano
12èmes Rencontres du cinéma d'Afrique et des îles 12 années de succès réjouissants
Les premières Rencontres du cinéma d'Afrique et des îles datent de 1994. Elles étaient organisées à Mamoudzou. Il ne s'est rien passé l'année suivante et la seconde édition n'a eu lieu qu'en 1996 à Tsararano, commune de Dembéni, reprise par la Formation culturelle des jeunes de Tsararano (FCJT). Pour marquer le coup et afficher leur enthousiasme pour le cinéma africain et des îles, la FCJT a invité Sarah Maldoror, cinéaste française d'origine guadeloupéenne, réalisatrice, et une des figures de proue du cinéma africain et du cinéma antillais. L'engouement était de mise et en 1997 la 3ème édition était honorée par le célèbre scénariste réalisateur congolais Balufu Bakupa-Kanyinda. Des jeunes motivés étaient invités pendant la durée des Rencontres à participer à la réalisation d'un court métrage avec le réalisateur, de l'écriture au tournage. C'est à partir de la 4ème édition que les organisateurs ont commencé à thématiser les Rencontres. "Femmes d'Afrique", le premier thème introduit en 1998, était affirmé par la présence de deux femmes réalisatrices : Fanta Régina Nacro (Burkina Faso) et Anne-Laure Folly (Togo). La 5ème édition en 1999 était elle organisée autour du thème "Cinéma et Jeunesse". Cette année là, les Mahorais ont eu l'occasion de rencontrer et échanger avec deux grandes figures du cinéma africain. Adama Rouamba (Burkina Faso), le premier, fait partie des réalisateurs les plus primés au Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou). Le second est le nigérian Moustapha Alassane, un des pionniers du cinéma africain. A la fois réalisateur, acteur et scénariste récompensé à la première édition du Fespaco en 1969, Moustapha Alassane est le réalisateur de "La Mort de Gandji" (1965), le premier dessin animé africain. Un évènement qu'il faut pérenniser
En 2000, à la veille du nouveau millénaire, la FCJT organisait les 6èmes Rencontres autour du thème "Tranches de vie" avec le retour de l'écrivain et scénariste congolais Balufu Bakupa-Kanyinda qui avait honoré la 3ème édition en 1997. En 2001, la 7ème édition avait pour thème "Cinéma et réalités africaines". Pour des raisons financières, expliquent les membres de la FCJT, cette année-là il n'y a pas eu d'invité. Il faut dire que c'est cette association de Tsararano qui assure toute la manifestation, sa préparation, son organisation, avec le soutien de la population du village et de quelques partenaires, trop peu nombreux. Il a fallu attendre la 8ème édition de 2002 qui avait pour thème "Films régionaux et d'animation" pour rencontrer Armand Dauphin, festivalier de cinéma à la Réunion qui est d'ailleurs le président de Ekwa, le nouveau festival sud-ékwatorial de cinéma qui s’est déroulé à la Réunion en juin dernier, et Alexander Abela, réalisateur anglais et auteur du film "Makibefo" (2001). En 2003, l'aventure des jeunes de Tsararano s'est transformée à nouveau en cauchemar, comme en 2001. Pour le même motif financier, ils n'ont pas pu faire venir un invité à la 9ème édition des Rencontres cinématographiques qui avaient pour thème "Cinéma et Culture africaine". La formation des jeunes de Tsararano a fêté les 10 ans des rencontres en 2004. Ce fut l'occasion d'afficher les "Mémoires des Rencontres", le thème de la 10ème édition, et faire venir l'actrice camerounaise Wouassi Félicité. Malheureusement aucun invité n'est venu après elle. Il faut dire que depuis 2001, la FCJT se bat dur auprès des institutions locales pour pérenniser cette manifestation et ce n'est pas tous les ans qu'elle est soutenue. C'est la raison pour laquelle en 2005 et 2007 nos rencontres cinématographiques n'ont pas eu lieu. La 11ème édition a eu lieu en 2006 sur le thème des "Arts et Réalités africaines". C'est grâce au soutien financier de la mairie de Dembéni, du conseil général et de quelques partenaires privés que les jeunes de Tsararano organisent cette 12ème édition. Faire de Tsararano le fief du cinéma mahorais
Hamada Soihibou, le nouveau maire de Dembéni, présidait la FCJT avant d'être élu premier magistrat de cette commune en mars dernier. Il ne peut que féliciter les organisateurs des rencontres et l'ensemble des partenaires "qui oeuvrent pour la pérennité et la réussite de cette grande manifestation culturelle à Tsararano". "La volonté politique du conseil municipal est de continuer à soutenir cette manifestation par l'amélioration des conditions d'accueil", explique-t-il. Il souhaite pour l'avenir, "la création d'un centre culturel et cinématographique à Tsararano pour l'épanouissement de notre jeunesse". En 2004, lors des 10 ans des rencontres cinématographiques, les jeunes de Tsararano avaient réalisé un court métrage sur le thème de la polygamie à Mayotte. Ce film a été projeté à Paris et a remporté le quatrième prix sur 120 films en compétition et sur 20 prix décernés. Président de la FCJT pendant des années et connaissant bien le tempérament passionné des jeunes de Tsararano pour le cinéma, Hamada Soihibou n'a pas tort de vouloir leur donner des atouts pour qu'ils s'épanouissent. Dans l'objectif de sensibiliser la population mahoraise au cinéma, tous les premiers samedis du mois, à compter de septembre prochain, la dynamique Formation culturelle des jeunes de Tsararano a l'ambition de faire des projections à travers toute l'île. Pour atteindre cet objectif, ils veulent mettre en place des ateliers de réalisation et de montage de documents vidéo, des stages de sensibilisation et de formation aux métiers de l'image. Ils espèrent pouvoir organiser un grand festival à travers lequel seront présentés des films réalisés à Mayotte. Mais en attendant la concrétisation de tous ces beaux projets, les jeunes de Tsararano espèrent accueillir de nombreux cinéphiles cette année. Alors ne manquez surtout pas cette occasion rare, celle de découvrir le cinéma d'Afrique et des îles sur grand écran. Rendez-vous à partir de ce samedi tous les soirs à partir de 18h30 à Tsararano, pour des séances en plein air… Prévoir un pull. Rafik ____________________________________________ PROGRAMME DES 12EMES RENCONTRES SAMEDI 09 Août 2008 17H30 : SOIREE D’OUVERTURE, 18H30 : UN PAS DEUX PAS: fiction ; 2001 de Guy Désiré YAMEOGO (Burkina Faso), 18H45 : AU DELA DU TEMPS: fiction ; 1999, de Jean-Chris SEMUTAKIRWA (Rwanda) 19H15 : SAFI LA PETITE MERE: fiction ; 2004, de Raso GANEMTORE (Burkina Faso) 20H00 : PAUSE 20H45 : MADAME BROUETTE: Fiction ; 2002, de Moussa SENE ABASA (Sénégal) DIMANCHE 10 Août 2008 18H30 : LE LOUP ET LA CIGOGNE (série : les fables de la fontaine) de Gaston KABORE (Burkina Faso) 18H40 : SENEGALAIS SENEGALAISE: Doc. 1999 ; de Laurence ATTALI (France) 20H45 : ALMODOU: fiction ; 2000 ; de Amadou THIOR (Sénégal) LUNDI 11 Août 2008 18H30 : CHAMEAU ET LES BÂTONS (série : fable de la fontaine) de Abderrahmane SISSAKO (Mauritanie) 18H45 : VOYAGE À OUGA: fiction ; 1999, de Camille MOUYEKE (RDC) 20H45 : VIVA LADJERIE: fiction ; 2003, de Nadir MOKANECHE (Algérie) MARDI 12 Août 2008 18H30 GRENOUILLE QUI VEUT SE FAIRE AUSSI GROSSE QUE LE BOEUF (Série : fable de la fontaine) de Imunga IVANGA (Gabon) 18H40 : VENDREDI NOIR: fiction ; 2000, de Djingarey MAIGA (Niger) 20H45 : NUIT DE LA VERITE: fiction ; 2004, de Fanta Regina NACRO (Burkina Faso) MERCREDI 13 Août 2008 18H30 : PRINCES NOIRS DE ST-GERMAIN-DES-PRÉS: fiction ; 1995 ; de Ben DIOGAYE BEYE (Sénégal) 19H00 : AIMÉ CÉSAIRE, LE MASQUE DES MOTS: Doc. 1987 ; de Sarah MALDOROR (France) 20H45 : COEUR ET RAISON: Doc. 1988, de Michel BRUNET (France) 21H10 : UNE MINUTE DE SOLEIL EN MOINS: fiction 2002 ; de Nabil AYOUCH (Maroc) JEUDI 14 Août 2008 18h30 : ROUES LIBRES: Fiction ; 2001 de SIDIKI BAKABA (Côte d’ivoire) 20h45 : SAFI, LA PETITE MÈRE: Fiction ; 2004, de Raso GANEMTORE (Burkina Faso) 21h15 : VIE PLATINEE: Fiction 1987 ; de Claude CADIOU (France) VENDREDI 15 Août 2008 18h30 : MADAME BROUETTE: Fiction, 2002 ; de Moussa SENE ABASA (Sénégal) 21h00 : Aimé Césaire, LE MASQUE DES MOTS: Doc. 1987 ; de Sarah MALDOROR (France) 21h40 : LA GENESE Ce programme vous est communiqué sous toute réserve de modification * Tarifs Carte d’accès au foyer pour l’après-midi (avant 20 heures) : 2€ euros Carte d’accès au foyer pour le soir (après 20 heures) : 2€ Carte d’accès au foyer pour les enfants (moins de 14 ans) : 1€ Carte d’accès pour toute la durée des rencontres : 20€ Formation culturelle des jeunes de Tsararano – FCJT – BP 31 – 97660 Dembéni Tél. : 02 39 24 86 03 – Fax : 02 69 61 94 29 / 02 69 62 18 74
08 Août 2008
Une Mahoraise au pays des kangourous
La France métropolitaine est pour beaucoup d'étudiants mahorais un passage obligatoire dans la poursuite d'études universitaires. Mais de multiples possibilités existent ensuite pour découvrir d'autres pays et de nombreux Mahorais n'hésitent pas à sauter le pas. C'est le cas de Saïdat Subra qui a choisi de tenter l'expérience australienne. Découvrir la culture aborigène, la faune et les énormes plages
Saïdat Subra n'a pas le fait voyage seule puisque quatre de ses amies de l'ENSIL effectuent également leur stage à Adélaïde. Mais le choix de l'Australie est surtout individuel et un rêve qu'elle caressait depuis longtemps. "En deuxième année d’école, nous devons effectuer un stage obligatoire de 3 ou 4 mois. Les stages à l’étranger ne sont pas obligatoires, mais sont fortement conseillés au sein de l’ENSIL. Nous avons la chance d’avoir un réseau de contacts assez étendu et dans de nombreux pays. J’ai donc saisi l’opportunité de pouvoir partir a l’étranger et mon choix s’est porté sur l’Australie, car c’est tout simplement un pays qui me fait rêver depuis longtemps et que je voulais découvrir : la variété de ses paysages, leur culture, la culture aborigène, et toutes ces choses particulières à l’Australie que l’on voit à la télé et qui donnent envie d’être vues telles que les kangourous, les koalas, le diable de Tasmanie, leurs énormes plages, les surfeurs et les énormes villes à côté de tout ça. Et l’autre point très important qui m’a fait choisir ce pays, c’est la langue ! Je voulais absolument aller dans un pays anglophone pour améliorer mon niveau d’anglais ! Je dois passer mon TOEIC l’année prochaine pour obtenir mon diplôme", explique cette ancienne élève de classes préparatoires du lycée Kléber de Strasbourg. Son séjour ne se termine qu'à la mi-septembre, mais une grande partie de ses attentes a été déjà comblée. Tous les week-ends, elle en profite pour visiter les environs d'Adélaïde et de l'état d'Australie-Méridionale. Les Wallabies ont mis KO les Bleus
Lors de son premier week-end de camping en forêt, elle a eu très froid puisque c'est actuellement l'hiver à Adélaïde. Mais en revanche, elle a perçu des kangourous sauvages et cela l'a vraiment impressionnée. "Je suis allée dans une grande réserve sauvage dans laquelle j'ai été servie question animaux : koalas, diable de Tasmanie, kangourous, wallaby, et autres… J’ai aussi passé un week-end à Sydney pour aller au match de rugby Australie-France dans le stade olympique. La France a largement perdu mais c’était génial. Enfin, j’ai vu plein de choses et ce n’est pas fini", se réjouit-elle. Au début de son séjour, elle a été impressionnée par tout ce qu'elle voyait. "Tout me paraissait énorme: la ville (1,1 million d'habitants), les bâtiments (pourtant, il n'y a pas de building), les routes, les voitures. Mais quand je suis allée à Sydney (4,2 millions d'habitants étendus sur 12 000 km2), j’ai vite compris qu’en fait Adélaïde ce n’est pas grand du tout." Ce côté un peu gigantesque de l'Australie ne la choque plus. En revanche, elle apprécie la gentillesse avec laquelle les Australiens ("du moins à Adélaïde, dans les villes comme Sydney, je ne sais pas trop") l'ont accueillie. "Ils te mettent vite à l’aise et sont tout de suite prêts à te faire découvrir et te montrer plein de choses. Même dans la rue ils prennent le temps de t’aider avec un grand sourire. J’ai aussi été surprise par la multitude d’accents différents que l’on rencontre. Je m’y attendais un peu bien sûr, mais bon quand même… Et puis c’est parfois tellement difficile à comprendre ! Et quand en plus ils utilisent l’argot australien, ça devient tout simplement incompréhensible", affirme-t-elle. "Pourquoi se limiter à l'Union européenne quand on peut aller ailleurs ?"
Pour Saïdat, l'expérience d'un séjour international ne peut qu'être bénéfique et elle conseille vivement aux étudiants mahorais qui en ont l'opportunité de partir à l'étranger pour au moins un semestre. En ce qui concerne l'Australie, son conseil est surtout financier. "Je conseille de faire de bonnes économies avant de venir ! Parce que la vie ici est assez chère. Et puis encore plus quand on veut voir beaucoup de choses. Il faut aussi prévoir du temps, car l’Australie c’est énorme !" En effet, pour relier Perth à Sydney (de l'extrémité occidentale à sa limite orientale), il faut 4 heures d'avion (en comparaison, Perth-Maurice dure 6 heures) et passer 3 fuseaux horaires différents. "Par contre, j’ai le regret d’annoncer que notre cher conseil général adoré refuse pour le moment de soutenir ce genre d’initiative ! Je veux dire que si l’on veut une aide financière du conseil général de Mayotte, il faut que le stage soit effectué dans un “pays non francophone de l’Union européenne”. Pourquoi devoir se restreindre à l’Union européenne quand il est possible d’aller ailleurs ? J’espère que leur politique à ce sujet changera dans un avenir très proche pour encourager les étudiants Mahorais à la mobilité et à entreprendre ce genre d’action." Faïd Souhaïli ________________________________________ Découvrir l'Australie avec le visa vacances-travail Le pays des kangourous est une immense île qui ne peut être parcourue en quelques semaines de congés. Depuis le 23 février 2004, la France et l’Australie ont signé un accord créant un programme "vacances-travail" destiné à permettre à de jeunes ressortissants (âgés de 18 à 30 ans) de chacun des deux pays de séjourner dans l’autre, à titre individuel, dans le but d’y passer des vacances, en ayant la possibilité d’y occuper une activité professionnelle salariée et de compléter ainsi les moyens financiers dont ils disposent. Le visa vacances-travail a une validité de 12 mois maximum et peut être renouvelé une fois si vous avez travaillé dans une ferme pendant trois mois. Le visa vacances-travail ne permet de travailler au maximum que 6 mois chez le même employeur. La formule est un vrai succès puisque plus de 100.000 visas sont délivrés chaque année aux ressortissants de 17 pays ayant des accords avec l'Australie. Si vous rencontrez un jeune Français dans le bush ou les grandes villes australiennes, il y a une chance sur deux qu'il ait obtenu le visa vacances-travail. Attention des conditions s'appliquent, notamment pouvoir justifier d'avoir la somme de 3.000 euros sur votre compte en banque quand vous arrivez en Australie. Pour plus d'informations, consulter http://www.france.embassy.gov.au/parifrancais/WHM%5ffr.html" sur le site de l'ambassade d'Australie en France.
27 Juin 2008
Projet académique 2008-2011 - 1er objectif : améliorer le niveau en français
Au terme de 8 mois de travaux, le vice-rectorat a présenté ce mardi la conclusion de l'élaboration de son projet académique pour 2008-2001. Il a choisi comme lieu de réunion l’école primaire de Koungou Baobab, pour marquer l’importance d’être ancré sur le terrain et saluer le travail mené par l’équipe de l’école. Des formations spécifiques pour l'enseignement du français
Au final, ce ne sont pas moins de 205 fiches qui sont remontées au vice-rectorat, qui se charge actuellement de les synthétiser pour n'en garder qu'une quarantaine. Ce n'est pas une surprise, 52% des fiches proposées correspondent à la 1ère ambition : la maîtrise de la langue. 26% concernent l'ambition 2, la citoyenneté. "J'ai choisi d'organiser cet évènement à l'école de Koungou Baobab pour montrer l'importance du terrain," explique M. Cirioni qui a tenu conférence de presse… au milieu d'une classe de CP en plein cours. "La contribution de tous les acteurs de l'éducation permet de mettre en place un programme le plus efficace possible." Au-delà du monde enseignant, les responsables de la politique de la ville, les associations de parents d'élèves et tous les autres acteurs liés à l'éducation ont été conviés dans les groupes de réflexion. Dans ce domaine très important de la maîtrise de la langue, l'équipe du vice-recteur a annoncé des formations spécifiques qui s'adresseront aussi bien aux enseignants venant à Mayotte qu'aux locaux. Elles porteront sur les techniques d'enseignement du français, qui s'inspirera du FLE (français langue étrangère) pour tenir compte du fait qu'il n'est pas la langue maternelle des élèves. "Elles concerneront tous les enseignants et pas seulement ceux de français et de lettres", précise le vice-recteur. L'IFM prévoit également de former les futurs instituteurs à utiliser tous les supports et toutes les disciplines pour faire travailler le français, pour sortir des outils traditionnels, également de travailler avec les maîtres déjà en place pour renforcer leur niveau de français et d'enseignement du français. Suivre les étudiants en Métropole
Dans le domaine de la réussite et de l'insertion des étudiants, le vice-rectorat travaille énormément sur l'orientation, pour envoyer les plus à même de réussir en Métropole. Des conventions existent déjà avec les académies de Nantes et Toulouse pour l'accueil et le suivi des étudiants mahorais, des conventions similaires doivent être signées avec Clermont-Ferrand, Rennes et Bordeaux. Un travail est en cours pour la prise en charge des élèves qui échouent au bac professionnel. "Il est impossible de prendre ces élèves en redoublement car nous manquons cruellement de terrains de stages à Mayotte, nous sommes arrivés à saturation, explique M. Cirioni. Mais comme ils gardent leurs notes pendant 5 ans et n'ont que les domaines dans lesquels ils ont échoué à repasser, nous envisageons des formations pour qu'ils réussissent à terme." De nombreuses autres propositions dans tous les domaines sont actuellement à l'étude, les fiches action seront efficientes dès la rentrée et guideront l'action de l'éducation nationale à Mayotte pour les trois prochaines années. Hélène Ferkatadji
27 Juin 2008
A propos de Mayotte - "L’Etat sera neutre dans la campagne électorale"
Pour son bilan, Yves Jégo est aussi revenu sur les points forts de ses différentes visites dans chaque territoire et sur les dossiers très importants de chacun d’eux. "On devrait avoir à l’échelle 2012-2015 une piste d’aviation et un aéroport qui permettent ces liaisons directes"
Interrogé par nos soins sur la venue d’Air France dans la région avec un plan de desserte des îles de la zone sauf Mayotte, le secrétaire d’Etat à l’Outremer a souligné que "nous sommes dans une économie libre" et que "la compagnie Air France est soumise aux règles de la concurrence mondiale. (…) Mais il y a pour Mayotte un préalable, sur lequel j’ai apporté lors de mon dernier déplacement des réponses en signant le Contrat de projets de Mayotte, qui est l’extension de la piste qui aujourd’hui ne permet pas dans les conditions actuelles les liaisons Europe-Mayotte. Ces travaux devraient débuter d’ici 2010 et donc on devrait avoir à l’échelle 2012-2015 une piste d’aviation et un aéroport qui permettent ces liaisons directes. Si dans le même temps les Mahorais se sont emparés de l’atout touristique pour en faire un atout fort - et je crois que c’est un des axes de son développement - on peut parier qu’il y aura des dessertes réelles directes, mais il y a un combat que nous menons là, qui est celui à la fois du prix des billets d’avion et le prix des billets d’avion est lié aux dessertes et au nombre de dessertes. Nous sommes persuadés que le seul moyen de faire baisser durablement les prix c’est de favoriser la concurrence. Nous avons déjà pris un certain nombre de dispositions de suppression d’obligation de service public, de mobilisation de compagnies pour qu’on puisse faire de ce projet une réalité pour les habitants. Et ceci est un combat européen. Mayotte sera desservie quand la piste sera capable d’accueillir des avions qui viennent directement de la Métropole; ça c’est une réalité physique qu’on ne peut pas surmonter", a précisé Yves Jogo. "Collectivité ou département ?", telle sera la question
Enfin, concernant la loi programme qui visiblement ne contiendra pas grand-chose pour Mayotte, le secrétaire d’Etat a une nouvelle fois rappelé qu’une loi spécifique à Mayotte sera adoptée, mais "attendons que les Mahorais se soient déjà prononcés. Si Mayotte devient un département, bien évidement la loi sera fondée sur les attributs d’un département. Si Mayotte choisit de rester Collectivité d’Outremer, il n’y pas d’autre choix. Qu’il n’y ait pas de confusion car le choix qui sera offert aux Mahorais est clair : ou on reste une Collectivité d’Outremer dans le cadre de la République française ou on devient un département français. Et évidemment selon le choix, la ‘Loi Mayotte’ viendra décliner un certain nombre de mesures qui seront différentes et ce sera certainement après le référendum et pas avant". Et si certains ont toujours des doutes concernant des sujets clefs liés notamment au développement de l’île, ce jour de présentation du bilan des 100 jours d’Yves Jégo aura au moins permis de lever un autre doute, car nous avons ainsi la certitude que pour la première fois de leur histoire, les Mahorais seront appelés à se prononcer sur le statut de département d’Outremer. Nous aurons le choix entre ce nouveau statut et l’actuel. Certains s’y voient déjà mais encore faut-il que les Mahorais l’approuvent. R.T Charaffoudine Mohamed |